Le Rassemblement national mise sur les municipales pour préparer 2027
À l'approche des élections municipales de 2026, le Rassemblement national (RN) affiche des ambitions claires : transformer ces scrutins locaux en tremplin vers la présidentielle de 2027. Une stratégie assumée par Jordan Bardella, qui voit dans ces élections une étape cruciale pour consolider l'ancrage du parti dans le paysage politique français.
Une stratégie de conquête ciblée
Avec 650 listes présentées, le RN entend prouver son enracinement territorial. Pourtant, malgré cette mobilisation, le parti ne dirige actuellement qu'une seule grande ville : Perpignan, où Louis Aliot, maire sortant, fait face à des problèmes judiciaires liés à l'affaire des assistants parlementaires européens. Cette situation fragilise la position du RN dans cette commune, d'autant plus que l'inéligibilité de Aliot pourrait compliquer la reconquête de la ville.
Le parti mise désormais sur d'autres villes stratégiques. À Marseille, Franck Allisio porte les couleurs du RN, tandis qu'à Toulon, Laure Lavalette et à Nice, Éric Ciotti, allié du parti, tentent de s'imposer. Cependant, ces villes restent des défis majeurs, tant la concurrence y est forte.
Des espoirs dans les petites villes et les régions
Plus réaliste, le RN concentre ses efforts sur les petites et moyennes communes, notamment dans les Hauts-de-France. Hénin-Beaumont, déjà sous son contrôle, pourrait être rejoint par Lens, Douai, Cambrai ou encore Calais. Le Sud, avec Carcassonne, Nîmes et Aubagne, figure également parmi les zones prioritaires. Ces conquêtes locales visent à renforcer l'influence du parti avant les élections sénatoriales de septembre 2026, où les maires et conseillers municipaux joueront un rôle clé.
Une stratégie d'alliance controversée
Pour maximiser ses chances, le RN tente de séduire les électeurs de droite, présentés comme « orphelins » d'un projet politique. Jordan Bardella a ainsi déclaré :
« Je souhaite m'adresser aux électeurs de droite, qui se sentent aujourd'hui orphelins d'une incarnation et d'un projet. »Cette stratégie, analysée par le politologue Pascal Perrineau, vise à sécuriser des soutiens durables, notamment pour les élections sénatoriales.
Des difficultés internes persistantes
Cependant, cette ambition se heurte à des obstacles internes. Récemment, le RN a dû désinvestir deux candidats à Belfort et Carpentras après la découverte de publications racistes. Ces incidents soulignent les tensions au sein du parti et fragilisent son image à quelques mois des élections.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer les crises économiques et sociales, le RN cherche à capitaliser sur un mécontentement croissant. Pourtant, face à une gauche mobilisée et un pouvoir en place qui tente de résister, la route vers l'Élysée reste semée d'embûches. Les municipales de 2026 pourraient bien devenir un test décisif pour l'avenir politique du parti.