Un appel au rassemblement de la gauche sous réserve
À quelques jours du premier tour des élections municipales à Marseille, le député LFI Manuel Bompard a affirmé la disponibilité de son mouvement pour un rassemblement de la gauche, mais uniquement si sa liste arrive en tête. Une position qui pourrait compliquer les alliances face à la menace d'une victoire de la droite et de l'extrême droite.
Une stratégie conditionnelle
Interviewé par ICI Provence ce mercredi 4 mars, Manuel Bompard, coordinateur national de La France Insoumise et candidat sur la liste de Sébastien Delogu, a déclaré :
« Si les Marseillaises et les Marseillais nous mettent en tête à gauche, on proposera le rassemblement aux autres partis de gauche pour battre la droite et l'extrême droite. »
Cette déclaration intervient dans un contexte où la gauche marseillaise, divisée, peine à se rassembler face à une droite renforcée et à une extrême droite en progression. Manuel Bompard a toutefois précisé que, si LFI n'arrivait pas en tête, son mouvement resterait « disponible » pour des discussions, mais en portant « un certain nombre de mesures programmatiques » pour améliorer la vie des habitants.
Un programme axé sur les services publics
Le député des Bouches-du-Rhône, en 29e position sur la liste de Sébastien Delogu, défend un programme ambitieux, notamment le retour de la gestion des cantines scolaires à un acteur public et la gratuité des repas scolaires. Une position qui s'inscrit dans une critique plus large de la gestion municipale actuelle, accusée de négliger les services publics.
« Ma candidature n'est pas que symbolique, elle est aussi le résultat de ce que j'observe en tant que député », a-t-il souligné, évoquant les difficultés d'accès au logement et l'état des écoles marseillaises.
Un enjeu national pour la gauche
Cette stratégie reflète les tensions au sein de la gauche française, où les divisions entre partis pourraient favoriser une nouvelle victoire de la droite, voire de l'extrême droite, dans des villes clés comme Marseille. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays face à une crise de la démocratie locale, les municipales pourraient servir de test avant les élections de 2027.
Dans ce contexte, l'appel de LFI à un rassemblement conditionnel pourrait être perçu comme une tentative de conserver une influence, tout en évitant une alliance perçue comme un renoncement à ses positions.