Un projet phare aux fondations fragiles
Sarah Knafo, candidate de Reconquête ! pour la mairie de Paris, présente son programme comme « le plus ambitieux » et « rigoureusement chiffré ». Pourtant, une analyse détaillée révèle des promesses hasardeuses, entre économies irréalistes et dépenses sous-estimées. Son « manifeste pour une ville heureuse », un livre de 130 pages à la couverture jaune vif, cache des lacunes techniques et juridiques inquiétantes.
La promenade sur berge : un projet utopique ?
L’un des projets phares de la candidate est la construction d’une promenade de deux kilomètres au-dessus des voies sur berge, qu’elle souhaite rouvrir à la circulation automobile. Bernard Landau, urbaniste et ancien architecte-voyer de la Ville de Paris, souligne les obstacles majeurs :
« Ce projet soulève des problèmes réglementaires et techniques insurmontables. Les rives de la Seine sont classées au patrimoine mondial de l’Unesco, et sa réalisation impliquerait l’abattage de plus de 100 grands arbres. »
Sarah Knafo assure que la structure pourrait être « très simple », mais M. Landau conteste cette affirmation :
« Le mur de quai existant n’est pas conçu pour supporter un portique, et les pieux actuels devront être consolidés, ce qui alourdit considérablement les coûts. »
Un chiffrage contesté
Au-delà des questions techniques, le chiffrage du programme de Sarah Knafo est critiqué pour son manque de réalisme. Les économies promises reposent sur des hypothèses fragiles, tandis que les dépenses sont systématiquement minimisées. Dans un contexte de crise des finances publiques, ces promesses pourraient s’avérer illusoires.
Les opposants soulignent également un manque de cohérence avec les engagements environnementaux de l’Union européenne, dont la France est membre. La destruction d’arbres centenaires et la réouverture des voies sur berge à la circulation automobile risquent de heurter les normes écologiques européennes.
Un symbole des divisions à droite
Ce projet s’inscrit dans une guerre des droites en France, où Reconquête ! tente de se démarquer face à la droite traditionnelle. Cependant, les critiques techniques et financières pourraient affaiblir la crédibilité d’un parti déjà fragilisé par des divisions internes.
Alors que le gouvernement Lecornu II cherche à stabiliser les finances publiques, les promesses hasardeuses de Sarah Knafo pourraient alimenter les débats sur la gestion des villes françaises, déjà confrontées à une crise de la démocratie locale.