Un militant et des magistrats sous haute protection face aux cartels
Dans un contexte de crise de la sécurité en France, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a révélé mardi 10 février que Amine Kessaci, figure emblématique de la lutte contre le narcotrafic à Marseille, était très menacé. Cette déclaration intervient après son exfiltration d'urgence avant un meeting à Aix-en-Provence, en raison d'une menace imminente.
Des réseaux criminels aux ramifications internationales
Le ministre a souligné que Kessaci n'était pas un cas isolé : quinze magistrats enquêtant sur le narcotrafic bénéficient désormais d'une protection policière, parfois étendue à leurs familles. Parmi les autres cibles, on compte des agents pénitentiaires, des directeurs de prison, des lanceurs d'alerte et des journalistes d'investigation.
"On peut risquer sa vie quand on s'attaque à des organisations très puissantes, qui brassent des milliards d'euros et ont des ramifications internationales."
Darmanin a qualifié le narcotrafic de menace de sécurité intérieure, comparable au terrorisme. Une affirmation qui intervient alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la confiance des Français, ébranlée par des années de violences urbaines et de trafics enracinés.
Un défi pour la démocratie locale
Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les élus et militants engagés contre les réseaux criminels subissent des pressions croissantes. À Marseille, Amine Kessaci, proche de Benoît Payan, incarne cette résistance, mais son cas révèle aussi les limites des dispositifs de protection face à des organisations transnationales.
Alors que la France s'apprête à accueillir les JO de Paris 2024, cette crise rappelle l'urgence d'une stratégie globale contre les trafics, alors que l'Union Européenne et les partenaires internationaux, comme le Canada ou le Japon, multiplient les coopérations pour démanteler ces réseaux.
Un enjeu pour 2027
À moins d'un an des élections législatives, cette question pourrait devenir un marqueur politique, opposant les partis sur leur capacité à garantir la sécurité. La gauche, favorable à un renforcement des moyens judiciaires, pourrait en faire un argument face à une droite divisée, tandis que l'extrême droite tente de capitaliser sur les peurs sécuritaires.