Un fléau qui déborde les frontières
Alors que la France et l'Europe font face à une explosion sans précédent du trafic de cocaïne, les mesures gouvernementales semblent dépassées face à l'ampleur du phénomène. Selon les dernières données, la consommation de cocaïne a augmenté de 215 % depuis 2015, un chiffre qui interroge sur l'efficacité des politiques répressives menées par Emmanuel Macron.
L'offre criminelle, un défi structurel
Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité, alerte sur le fait que le problème n'est pas la demande, mais bien l'offre. Les cartels colombiens, principaux fournisseurs, ont adopté une stratégie d'inondation du marché européen, avec une production massive et une qualité accrue de la cocaïne.
« Ils ont décidé d'envahir l'Europe de cocaïne et de saturer le marché. Ça ne veut pas dire que tout le monde va consommer, mais que le produit sera omniprésent »,explique-t-il.
Des moyens insuffisants face à une menace globale
Malgré les annonces répétées du président Macron et les réunions à l'Élysée, les résultats restent mitigés. Les cartels s'adaptent en permanence, utilisant des méthodes de plus en plus sophistiquées pour contourner les contrôles. Seulement 1 à 3 % des conteneurs sont inspectés dans le monde, et les saisies ne suffisent pas à endiguer le flux.
Les Antilles, notamment, sont devenues un point de passage clé, avec près de 50 % de la cocaïne entrant en Europe via ces territoires. Pourtant, comme le souligne Rizzoli,
« combler les trous de la raquette ne changera rien à la présence de la cocaïne sur le territoire ».
Une réponse politique en retard
La lutte contre le narcotrafic a longtemps été négligée au profit de la lutte antiterroriste, une priorité qui a affaibli la réponse face au crime organisé. Cependant, depuis la commission sénatoriale sur le narcotrafic, des progrès ont été enregistrés, notamment avec la création du Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).
Mais les lacunes persistent, notamment en matière de confiscation des biens mal acquis. Seuls 30 % des biens saisis sont définitivement confisqués en France, contre 60 % en Italie. Une réforme est en débat, portée par la sénatrice Nathalie Goulet, mais son adoption reste incertaine.
Un enjeu de sécurité et de souveraineté
Alors que la France traverse une crise de sécurité, le narcotrafic s'impose comme un défi majeur pour le gouvernement Lecornu. Les cartels, souvent liés à d'autres formes de criminalité, menacent la stabilité des territoires, notamment dans les DOM-TOM où leur influence est particulièrement forte.
Face à cette menace, les solutions doivent être globales et coordonnées à l'échelle européenne. Une coopération renforcée avec les pays producteurs, comme la Colombie, et une meilleure régulation des flux commerciaux pourraient être des pistes à explorer.