Nouvelle-Calédonie : Macron tente un dialogue sous tension, le FLNKS boycotte

Par Aurélie Lefebvre 16/01/2026 à 19:20
Nouvelle-Calédonie : Macron tente un dialogue sous tension, le FLNKS boycotte

Nouvelle-Calédonie : Macron tente un dialogue sous tension, le FLNKS boycotte. Accord contesté, violences et divisions politiques en jeu.

Un sommet sous haute tension à l'Élysée

Alors que s'ouvre ce vendredi 16 janvier un nouveau cycle de discussions sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a affiché sa volonté d'avancer « dans un dialogue respectueux de chacun, sans passage en force mais sans paralysie non plus ». Une posture qui contraste avec les tensions persistantes, alors que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a refusé de participer à cette réunion à l'Élysée.

Un accord contesté et une légitimité en question

L'accord de Bougival, validé en juillet 2025 par l'État, les indépendantistes modérés et les non-indépendantistes, prévoit la création d'un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française. Pourtant, le FLNKS, principal mouvement indépendantiste, l'a rejeté dès août, dénonçant un « simulacre de dialogue ».

« Même en l'absence du FLNKS, cela vaut la peine de continuer à avancer, ne serait-ce que parce qu'il y a une forte attente de la population calédonienne »

Cette déclaration de l'entourage présidentiel souligne l'urgence d'apaiser les tensions après les violences du printemps 2024, qui ont fait 14 morts et plongé l'archipel dans une crise économique profonde. Le gouvernement Lecornu II, marqué par une gestion critiquée des crises sociales, tente de redonner des perspectives à un territoire en proie à des divisions politiques et ethniques.

Un dialogue sous surveillance internationale

Alors que la France cherche à stabiliser sa relation avec ses territoires d'outre-mer, des observateurs internationaux, comme l'Union européenne ou le Canada, suivent de près ce dossier. La gestion de cette crise pourrait influencer la position de la France dans les forums internationaux, notamment face à des pays comme la Chine, qui multiplie les tentatives d'influence dans la région Pacifique.

Vers un document consensuel ?

Après la réunion à l'Élysée, les discussions doivent se poursuivre durant le week-end sous l'égide de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. L'objectif est d'aboutir lundi à un « document d'éclaircissements » destiné à apaiser les tensions. Mais avec le FLNKS en retrait, la crédibilité de ce processus est déjà remise en cause par une partie de l'opposition, notamment la gauche, qui dénonce un dialogue « déséquilibré ».

Un contexte politique explosif

Alors que la droite et l'extrême droite française multiplient les critiques contre la gestion macroniste des territoires, le gouvernement tente de montrer sa capacité à gérer les crises. Pourtant, l'absence du FLNKS, mouvement historique de la lutte indépendantiste, pourrait fragiliser la légitimité de toute issue négociée. Dans ce contexte, la Nouvelle-Calédonie reste un enjeu majeur pour la cohésion nationale, alors que les élections de 2027 approchent.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (12)

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J

Jean-Marc C.

il y a 1 semaine

Moi j'ai un pote calédonien qui m'a dit : 'Ici, on a l'impression que Paris décide pour nous, mais sans nous.' Bref, rien de nouveau sous le soleil.

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M

Mittelbergheim

il y a 1 semaine

Dialogue sous tension = réunion sans accord. Traduction : on fait semblant de travailler.

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N

Nausicaa

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Macron il croit quoi ??? Qu'on va oublier les violences ??? LOL

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Spirale

il y a 1 semaine

On oublie trop vite l'histoire coloniale dans ce dossier. La Nouvelle-Calédonie, c'est pas un territoire comme les autres. Pourquoi Macron fait semblant de l'ignorer ?

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N

Nathalie du 26

il y a 1 semaine

@spirale Et du coup, on fait quoi ? On attend que ça explose ?

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L

Louise54

il y a 1 semaine

Le FLNKS a raison de boycotter. À quoi bon discuter quand l'État ne respecte pas ses engagements ?

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EyeToEye71

il y a 1 semaine

On dirait le même scénario qu'en Catalogne, sauf que là c'est la France qui gère le conflit. Et on voit le résultat...

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Isabelle du 61

il y a 1 semaine

Encore un dossier qui va pourrir pendant des années... Franchement, à quoi bon ?

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R

Renard Roux

il y a 1 semaine

Macron et ses grands mots. Le FLNKS, lui, préfère les actes. Point.

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B

BookWorm

il y a 1 semaine

Intéressant de voir comment le gouvernement joue sur le vocabulaire ('dialogue', 'apaisement') alors que les violences persistent. Est-ce une stratégie de communication pour masquer l'échec politique ?

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ghi

il y a 1 semaine

@bookworm Exactement. Le gouvernement utilise le même discours depuis 2018. C'est du vent, et tout le monde le sait. Mais bon, il faut bien faire semblant.

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G

GameChanger

il y a 1 semaine

Macron qui tente le dialogue en mode 'j'ai déjà gagné'... Le FLNKS lui rappelle gentiment que non. Bref, on va encore en parler dans 6 mois.

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