Un sommet sous haute tension à l'Élysée
Alors que s'ouvre ce vendredi 16 janvier un nouveau cycle de discussions sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a affiché sa volonté d'avancer « dans un dialogue respectueux de chacun, sans passage en force mais sans paralysie non plus ». Une posture qui contraste avec les tensions persistantes, alors que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a refusé de participer à cette réunion à l'Élysée.
Un accord contesté et une légitimité en question
L'accord de Bougival, validé en juillet 2025 par l'État, les indépendantistes modérés et les non-indépendantistes, prévoit la création d'un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française. Pourtant, le FLNKS, principal mouvement indépendantiste, l'a rejeté dès août, dénonçant un « simulacre de dialogue ».
« Même en l'absence du FLNKS, cela vaut la peine de continuer à avancer, ne serait-ce que parce qu'il y a une forte attente de la population calédonienne »
Cette déclaration de l'entourage présidentiel souligne l'urgence d'apaiser les tensions après les violences du printemps 2024, qui ont fait 14 morts et plongé l'archipel dans une crise économique profonde. Le gouvernement Lecornu II, marqué par une gestion critiquée des crises sociales, tente de redonner des perspectives à un territoire en proie à des divisions politiques et ethniques.
Un dialogue sous surveillance internationale
Alors que la France cherche à stabiliser sa relation avec ses territoires d'outre-mer, des observateurs internationaux, comme l'Union européenne ou le Canada, suivent de près ce dossier. La gestion de cette crise pourrait influencer la position de la France dans les forums internationaux, notamment face à des pays comme la Chine, qui multiplie les tentatives d'influence dans la région Pacifique.
Vers un document consensuel ?
Après la réunion à l'Élysée, les discussions doivent se poursuivre durant le week-end sous l'égide de la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. L'objectif est d'aboutir lundi à un « document d'éclaircissements » destiné à apaiser les tensions. Mais avec le FLNKS en retrait, la crédibilité de ce processus est déjà remise en cause par une partie de l'opposition, notamment la gauche, qui dénonce un dialogue « déséquilibré ».
Un contexte politique explosif
Alors que la droite et l'extrême droite française multiplient les critiques contre la gestion macroniste des territoires, le gouvernement tente de montrer sa capacité à gérer les crises. Pourtant, l'absence du FLNKS, mouvement historique de la lutte indépendantiste, pourrait fragiliser la légitimité de toute issue négociée. Dans ce contexte, la Nouvelle-Calédonie reste un enjeu majeur pour la cohésion nationale, alors que les élections de 2027 approchent.