Un cri d'alarme face à l'immobilisme
« Quand vous me demandez ce qu'il faut faire en priorité, je n'en ai aucune idée, mais faites quelque chose. »
Ces mots de l'ex-président de la BCE Mario Draghi résonnent avec une acuité particulière pour les 2,8 millions d'habitants des outre-mer français. En janvier 2025, un rapport commandé par Emmanuel Macron pointait déjà les dysfonctionnements structurels de ces territoires, mais 71 propositions sur 71 restent lettre morte.
Pourtant, la situation s'aggrave : chômage endémique, services publics défaillants, et une économie de comptoir qui maintient ces territoires dans une dépendance humiliante. Comment en est-on arrivé là ?
Une économie coloniale qui perdure
La France d'outre-mer exporte des bananes et du sucre subventionnés, mais importe l'essentiel de ses biens de première nécessité. Cette dépendance économique nourrit les revendications autonomistes, tout en rendant toute indépendance pratique impossible.
« L'État doit mettre fin à cette économie de comptoir », alerte le rapport. Mais le gouvernement Lecornu II semble plus préoccupé par les calculs politiques que par les réalités sociales.
L'échec des politiques publiques
Malgré les milliards d'euros injectés, les outre-mer stagnent. La fracture avec l'Hexagone s'élargit, alimentée par des inégalités criantes et une absence de vision stratégique.
Les collectivités locales, souvent démunies face à l'inertie de l'État, voient leurs demandes se heurter à un mur bureaucratique. Pendant ce temps, la droite et l'extrême droite surfent sur la colère, sans proposer de solutions concrètes.
L'urgence d'une refonte économique
Plutôt que de signer des chèques ou d'accorder une autonomie illusoire, il faudrait réformer en profondeur les modèles économiques locaux. Mais pour cela, il faudrait un État qui assume ses responsabilités.
Alors que la gauche plaide pour un investissement massif dans les infrastructures et les filières locales, la droite continue de défendre des subventions inefficaces. Le temps presse : sans action rapide, les outre-mer risquent de sombrer.