Cartographie électorale : le RN séduit la classe moyenne, pas les territoires

Par Aurélie Lefebvre 18/02/2026 à 20:07
Cartographie électorale : le RN séduit la classe moyenne, pas les territoires

Nouvelle cartographie électorale : le RN séduit la classe moyenne, pas les territoires. Analyse des fractures sociales et politiques en France.

Une cartographie électorale qui défie les clichés

À l’approche de la présidentielle de 2027, la cartographie électorale révèle des réalités politiques bien plus nuancées que les discours médiatiques habituels. Youssef Souidi et Thomas Vonderscher, auteurs de Nouvelle cartographie électorale de la France, démontent les mythes sur les fractures territoriales et dressent un portrait précis de l’électorat du Rassemblement national (RN).

Fin du fait majoritaire, tripartition du paysage politique

Leur analyse, inspirée par les travaux de Julia Cagé et Thomas Piketty, croise les résultats des 70 000 bureaux de vote français avec les données sociales de l’Insee. Résultat : le socle macroniste, autrefois solide, apparaît désormais fragile, tandis que la tripartition gauche-droite-extrême droite semble s’installer durablement.

Le RN, un vote de classe moyenne, pas de territoire

Contrairement aux idées reçues, le vote RN ne se limite plus aux campagnes ou aux périphéries urbaines. Les auteurs montrent qu’il s’ancre avant tout dans des conditions de vie précaires, marquées par la distance aux services publics et l’absence de cohabitation avec des populations immigrées. Un électorat qui vote moins par attachement territorial que par rejet des inégalités perçues.

La crise des services publics, un terreau fertile pour l’extrême droite

Le livre révèle que les bureaux de vote où le RN progresse le plus sont ceux où les habitants ont peu accès aux services de base. Une réalité qui interroge la politique de désengagement de l’État dans les territoires ruraux et périurbains.

« Le vote RN est avant tout un vote de colère contre un système qui abandonne ses citoyens »,
résument les auteurs.

Un électorat en mutation, des stratégies à repenser

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la crise industrielle et la crise des finances publiques, cette cartographie rappelle que les clivages ne sont plus géographiques, mais sociaux. Un défi pour les partis traditionnels, qui devront repenser leur approche pour 2027.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (7)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

F

Fragment

il y a 1 jour

J’ai un pote qui a voté RN aux dernières municipales. Il m’a dit : 'C’est pas par conviction, c’est parce que les autres ne nous écoutent plus.' Et c’est ça le problème. On peut analyser les chiffres tant qu’on veut, si les gens se sentent ignorés, ça ne changera rien.

0
A

Avoriaz

il y a 1 jour

Nooooon mais sérieux ??? Le RN séduit la classe moyenne ??? Mais ils sont où les vrais ouvriers alors ??? ptdr

0
C

Corollaire

il y a 1 jour

Dans 5 ans, on parlera encore de 'fractures sociales' en France. Les mêmes analyses, les mêmes solutions qui ne marchent pas. Franchement, à quoi bon...

0
D

Diogène

il y a 1 jour

La classe moyenne vote RN par désespoir, les territoires par habitude. La politique française en résumé.

0
P

Poséidon

il y a 1 jour

Comme d'hab, les médias font leurs titres sur des tendances qui vont s'inverser dans 6 mois. Le RN monte, le RN descend... Bref, le cirque continue.

0
L

LogicLover

il y a 1 jour

Intéressant de voir comment le RN capitalise sur les inquiétudes économiques de la classe moyenne, alors que son ancrage territorial reste faible. Comparaison frappante avec le modèle italien où la Lega a réussi à concilier les deux. La France a-t-elle les mêmes fractures sociétales ?

1
Q

Quimperlé

il y a 1 jour

@logiclover Oui, mais la différence c'est que la classe moyenne française est plus urbanisée. Du coup, leur vote a moins d'impact sur les territoires.

0
Publicité