Une cartographie électorale qui défie les clichés
À l’approche de la présidentielle de 2027, la cartographie électorale révèle des réalités politiques bien plus nuancées que les discours médiatiques habituels. Youssef Souidi et Thomas Vonderscher, auteurs de Nouvelle cartographie électorale de la France, démontent les mythes sur les fractures territoriales et dressent un portrait précis de l’électorat du Rassemblement national (RN).
Fin du fait majoritaire, tripartition du paysage politique
Leur analyse, inspirée par les travaux de Julia Cagé et Thomas Piketty, croise les résultats des 70 000 bureaux de vote français avec les données sociales de l’Insee. Résultat : le socle macroniste, autrefois solide, apparaît désormais fragile, tandis que la tripartition gauche-droite-extrême droite semble s’installer durablement.
Le RN, un vote de classe moyenne, pas de territoire
Contrairement aux idées reçues, le vote RN ne se limite plus aux campagnes ou aux périphéries urbaines. Les auteurs montrent qu’il s’ancre avant tout dans des conditions de vie précaires, marquées par la distance aux services publics et l’absence de cohabitation avec des populations immigrées. Un électorat qui vote moins par attachement territorial que par rejet des inégalités perçues.
La crise des services publics, un terreau fertile pour l’extrême droite
Le livre révèle que les bureaux de vote où le RN progresse le plus sont ceux où les habitants ont peu accès aux services de base. Une réalité qui interroge la politique de désengagement de l’État dans les territoires ruraux et périurbains.
« Le vote RN est avant tout un vote de colère contre un système qui abandonne ses citoyens »,résument les auteurs.
Un électorat en mutation, des stratégies à repenser
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la crise industrielle et la crise des finances publiques, cette cartographie rappelle que les clivages ne sont plus géographiques, mais sociaux. Un défi pour les partis traditionnels, qui devront repenser leur approche pour 2027.