Une campagne municipale sous tension à Paris
À un mois du scrutin des élections municipales parisiennes, prévu les 15 et 22 mars 2026, la campagne s’enlise dans les polémiques. Les six candidats principaux à la succession d’Anne Hidalgo (Parti socialiste, PS) sont englués dans des débats stériles, entre scandales périscolaires, affaires judiciaires et accusations mutuelles de complaisance envers les extrêmes.
Une gauche unie, mais en difficulté
Le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, ancien adjoint à la maire, incarne la relève à gauche. Il a réussi l’exploit de rassembler toute la gauche, hors La France insoumise (LFI), derrière sa candidature. Pourtant, malgré cette unité, il peine à convaincre. Peu connu du grand public, il reste marqué par son rôle d’éternel numéro deux, après avoir été chef de cabinet de Bertrand Delanoë, puis premier adjoint d’Anne Hidalgo.
L’extrême droite en embuscade
L’arrivée de Sarah Knafo (Reconquête !) dans la course a relancé les tensions. Son discours populiste, inspiré par les méthodes de Marine Le Pen, menace de polariser davantage une campagne déjà tendue. Les accusations de complaisance envers l’extrême droite, notamment de la part des candidats de gauche, pourraient bien devenir un enjeu central.
Un contexte national pesant
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer une crise industrielle et une politique sanitaire en berne, les enjeux locaux se mêlent aux débats nationaux. La crise des services publics et la montée des inégalités à Paris pourraient bien influencer le vote des Parisiens. Dans ce contexte, la gauche espère capitaliser sur son unité, tandis que la droite et l’extrême droite cherchent à exploiter les divisions.
La démocratie locale en question
Cette campagne municipale révèle aussi les failles d’une démocratie locale fragilisée. Entre désengagement citoyen et instrumentalisation politique, les Parisiens semblent désabusés. Pourtant, les enjeux sont de taille : logement, sécurité, transition écologique… Des sujets qui pourraient bien redonner un second souffle à cette campagne morose.