L'homme invisible de l'Élysée
Dans les couloirs du pouvoir français, un nom circule en chuchotements : Paul Soler. Conseiller spécial d'Emmanuel Macron, cet ancien des forces spéciales est devenu l'architecte des missions sensibles de la présidence. Son profil bas et son aura mystérieuse en font un personnage clé, mais aussi controversé, de la diplomatie parallèle du gouvernement Lecornu II.
Un parcours militaire et une ascension fulgurante
Engagé volontaire à 20 ans, Paul Soler a rapidement rejoint les unités de renseignement des forces spéciales. Ses missions l'ont mené en Afghanistan, en Irak, en Ukraine et au Sahel. Son ancien supérieur, le général Christophe Gomart, aujourd'hui eurodéputé, le décrit comme un homme brillant et motivé. En 2016, alors capitaine, il impressionne le candidat Macron lors d'une présentation géopolitique au QG de campagne. « Le niveau d'expertise et d'autorité du mec se sont imposés en cinq minutes », confie un témoin anonyme.
Diplomatie parallèle et coups politiques
Nommé conseiller spécial, Soler est rapidement envoyé en Libye, où il organise un sommet controversé à la Celle-Saint-Cloud. Si l'événement fait grand bruit, plusieurs diplomates estiment qu'il n'a abouti à aucun résultat concret. « Non seulement ça n'a rien donné au plan politique, mais ça a eu des conséquences négatives pour la suite », déplore Patrick Haimzadeh, ancien diplomate à Tripoli. Pourtant, cette diplomatie parallèle semble plaire à Macron, qui en fait un outil récurrent de sa stratégie internationale.
Un rôle clé dans les crises internationales
En mars 2022, quelques semaines après l'invasion russe en Ukraine, Soler rencontre en secret le ministre de la Défense russe. Une initiative qui illustre la confiance que lui accorde le président. Plus récemment, il a joué un rôle déterminant dans la libération d'Ofer Kalderon, otage franco-israélien détenu par le Hamas. Sa famille a publiquement salué son intervention, bien que les détails restent flous.
« Pour toutes nos demandes, il a aidé. Je ne peux pas vous révéler tout ce qu'il a fait. Son boulot était discret », explique Sharon Kalderon, la belle-sœur de l'otage.
Un héritage politique ambigu
Comme d'autres conseillers occultes avant lui, Paul Soler incarne une forme de pouvoir parallèle. Certains y voient un atout pour contourner les rigidités diplomatiques officielles, d'autres un risque de dérive autoritaire. « Il y a vraiment ces gens de l'ombre, dont on ne sait jamais s'ils se mettent en valeur par rapport à ce qu'ils font ou s'ils font vraiment quelque chose », confie un ancien diplomate. Alors que la France traverse une crise de confiance politique, le rôle de Soler interroge sur les limites de la transparence démocratique.