Un pari risqué pour la gauche
En ce début d'année 2026, la gauche française se retrouve face à un dilemme stratégique. Raphaël Glucksmann, figure montante du camp progressiste, a décidé de contourner la primaire organisée par Olivier Faure et Marine Tondelier, préférant se positionner en candidat réformiste indépendant. Une décision qui pourrait bien redessiner le paysage politique avant l'élection présidentielle.
La primaire, un piège à éviter ?
Pour Glucksmann, participer à cette primaire serait s'exposer à un choix cornélien : se ranger derrière la social-démocratie modérée du PS ou se laisser entraîner vers la radicalité de Jean-Luc Mélenchon. « Une compétition dans un périmètre aussi large est une prime à la radicalité », explique-t-il, soulignant les risques d'une polarisation préjudiciable à son projet.
Un profil à affiner
L'eurodéputé de Place publique incarne une gauche morale, en rupture avec les outrances du leader insoumis. Mais son image d'intellectuel parfois déconnecté des réalités politiques pourrait lui nuire. Son débat raté face à Éric Zemmour fin novembre a sonné comme un avertissement : la crédibilité sur le terrain est aussi importante que les idées.
Le défi du lien direct avec les Français
Si Glucksmann dispose d'une légitimité indéniable en politique étrangère - un atout face à un contexte géopolitique tendu -, il lui manque encore cette proximité avec l'électorat.
« Quand on est président, il faut être crédible sur la scène internationale. Mais pour se faire élire, il faut d'abord commencer par tâter le cul des vaches. »Une métaphore qui résume bien le défi qui l'attend.
Un duel avec Mélenchon en perspective
En refusant la primaire, Glucksmann mise sur un affrontement direct avec Mélenchon. Une stratégie risquée, mais qui pourrait lui permettre de se positionner comme le rassembleur d'une gauche modérée, face à un gouvernement Lecornu II affaibli par les crises successives.