Municipales à Perpignan : le PS sacrifie son candidat pour un front anti-RN

Par Renaissance 08/02/2026 à 21:21
Municipales à Perpignan : le PS sacrifie son candidat pour un front anti-RN

Le PS sacrifie son candidat à Perpignan pour soutenir une liste d'union anti-RN. Une décision stratégique pour les municipales et un test pour 2027.

Une décision stratégique pour contrer l'extrême droite

Le Parti socialiste (PS) a officialisé dimanche 8 février son soutien à la liste de Place publique menée par Agnès Langevine, vice-présidente de la région Occitanie, pour les élections municipales à Perpignan. Une décision qui écarte le socialiste Mathias Blanc, tête de liste de "Perpignan Autrement", et illustre la volonté du PS de construire un front républicain contre Louis Aliot, maire sortant du Rassemblement national (RN).

"Le Parti socialiste a décidé de venir renforcer notre union à Perpignan", a déclaré Mme Langevine, saluant une "décision de responsabilité" face à la menace de l'extrême droite. Sa liste "Plus forts pour Perpignan", soutenue désormais par le PS, rassemble des figures de la gauche et du centre, dont l'avocate Annabelle Brunet.

Un choix tactique pour 2027

Cette alliance s'inscrit dans une stratégie plus large du PS, qui voit dans les municipales un test grandeur nature pour la présidentielle de 2027. Olivier Faure, premier secrétaire du parti, a appelé dimanche à faire de ce scrutin "la première digue" contre le RN et "la droite dévoyée", en référence au gouvernement Lecornu II. Une position d'autant plus marquée que le PS, avec ses 1 200 maires en poste, mise sur des conquêtes symboliques à Saint-Étienne, Limoges ou Toulouse.

"C'est un choix qui clarifie pour les électeurs de gauche", a insisté Mme Langevine, évoquant des militants "pris en otage" par la multiplication des listes. Une critique à peine voilée contre la division persistante à gauche, malgré les appels à l'union d'Olivier Faure.

La gauche en ordre de bataille, mais pas sans tensions

Le PS, qui présente plus de 2 000 candidats têtes de liste, mise sur une dynamique d'union avec les écologistes, les communistes et Place publique, à l'exception notable de La France insoumise. Une stratégie qui pourrait se poursuivre avec une primaire de la gauche pour 2027, malgré les critiques croissantes.

"Socialistes, communistes, écologistes, militants de Place publique, de l'Après ou de Debout partent unis dès le premier tour dans la plupart de nos villes", a souligné M. Faure. Un discours volontariste, mais qui peine à convaincre une partie de la jeunesse, invitée à "rejeter les gourous" et les "slogans accrocheurs sans lendemain", une allusion transparente aux discours de l'extrême droite.

De son côté, Mathias Blanc, candidat socialiste évincé, n'était pas joignable dimanche soir. Une absence qui en dit long sur les tensions internes au PS, où la priorité anti-RN semble primer sur les loyautés partisanes.

Perpignan, symbole d'un enjeu national

La ville catalane, où le RN est au pouvoir depuis 2020, incarne les défis de la gauche face à la montée des extrêmes. Une bataille qui dépasse le cadre local, alors que le gouvernement Lecornu II peine à endiguer la crise de la démocratie locale et la défiance envers les institutions.

Dans ce contexte, le PS joue son va-tout sur une alliance hétéroclite, espérant capitaliser sur le rejet de l'extrême droite pour retrouver un rôle central dans le paysage politique. Une stratégie risquée, mais qui pourrait redessiner les équilibres pour 2027.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (9)

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Elizondo

il y a 1 semaine

Comparons avec l'Espagne : là-bas, le PSOE a fait des alliances avec Podemos pour bloquer la droite. Résultat ? Ça a marché, mais au prix d'une division interne. La France pourrait-elle reproduire ce modèle sans se déchirer ?

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Malo du 40

il y a 1 semaine

Franchement, moi je suis de Perpignan, et je vois bien que les gens en ont marre de ces calculs politiques. Ils veulent des solutions, pas des combats d'ego. Le PS devrait peut-être écouter un peu plus les citoyens au lieu de jouer aux stratèges.

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Le Dubitatif 2022

il y a 1 semaine

Bon... encore une fois, on fait semblant de croire que l'union anti-RN est une solution. M'enfin, ça marche jamais vraiment, mais ça rassure les médias.

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ironiste-patente

il y a 1 semaine

Le PS : toujours prêt à vendre ses principes pour un siège. Comme d'hab.

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Zen_187

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux ??? Ils abandonnent leur candidat comme ça ??? pk pk pk ??? c'est n'importe quoi !!!

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Geoffroy de Hyères

il y a 1 semaine

Mouais... encore une fois, on sacrifie des candidats locaux sur l'autel de la grande stratégie. Bof. En 2027, ils feront pareil, et après ? On se demande qui ils représentent vraiment...

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Eva13

il y a 1 semaine

Le PS joue un jeu dangereux en sacrifiant son candidat. D'un côté, c'est une stratégie classique de front républicain, mais de l'autre, cela risque de décevoir sa base. On voit bien que les municipales sont devenues un laboratoire pour 2027. La question est : jusqu'où iront-ils dans ces alliances contre-nature ?

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Le Chroniqueur

il y a 1 semaine

@eva13 Exactement ! Et si on regarde ce qui s'est passé à Marseille en 2020, ça ne présage rien de bon. Les alliances anti-RN finissent souvent par se retourner contre ceux qui les ont initiées. Vous pensez vraiment que ça va marcher cette fois ?

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Apollon 6

il y a 1 semaine

@le-chroniqueur Tu as raison, mais il faut voir aussi que le RN progresse partout. Si le PS ne fait rien, il perdra encore plus. La question est : est-ce que cette stratégie est la bonne ? Ou est-ce qu'ils devraient assumer leur identité plutôt que de faire des alliances forcées ?

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