Un rassemblement de gauche en péril
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider son pouvoir face à une opposition fragmentée, la gauche française traverse une crise profonde. Sous la nef du Grand Palais, où se déroulait le bicentenaire du Figaro, l'écologiste Marine Tondelier a laissé transparaître son exaspération. Entourée d'une droite et d'une extrême droite triomphantes, elle a dû faire face aux derniers rebondissements d'un rassemblement de gauche en pleine tourmente.
Une primaire qui fait naufrage
L'idée d'une primaire à gauche, portée par les écologistes, les socialistes et une partie des ex-« insoumis » de L'Après, a failli sombrer mardi 13 janvier. Depuis son lancement à Bagneux le 2 juillet 2025, ce projet, initié par Lucie Castets, stagne. La France insoumise (LFI), absente des discussions, observe avec méfiance. Les socialistes, dirigés par Olivier Faure, refroidissent régulièrement les ardeurs de leurs alliés, refusant de s'engager dans un processus de désignation commune pour 2027.
Place Publique et le refus de Glucksmann
Un autre obstacle majeur se dresse : le refus de Place Publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, l'un des favoris à gauche selon les sondages. Cette réticence illustre les divisions persistantes au sein d'une gauche qui peine à se rassembler face à un pouvoir macroniste affaibli mais toujours en place.
Un contexte politique explosif
Alors que la France traverse une crise de la démocratie locale, les divisions à gauche contrastent avec la cohésion relative de la droite et de l'extrême droite. Emmanuel Macron, réélu en 2022, doit désormais composer avec un Premier ministre, Sébastien Lecornu, dont la popularité reste fragile. Dans ce contexte, l'absence d'unité à gauche pourrait offrir un boulevard à l'opposition, déjà renforcée par les récentes tensions avec les États-Unis et la montée des populismes en Europe.
Les enjeux de 2027
Les prochaines élections présidentielles de 2027 s'annoncent comme un tournant. La gauche, divisée entre réformistes et radicaux, risque de laisser le champ libre à une droite radicalisée. Les écologistes, pourtant en première ligne sur les questions climatiques, voient leurs efforts sabotés par des querelles internes.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter les erreurs de 2022 »,a déclaré un proche de Tondelier, sous couvert d'anonymat.
Un appel à l'unité
Face à cette situation, certains appellent à un sursaut. Des figures comme Raphaël Glucksmann plaident pour une alliance large, incluant même des modérés du centre. Mais les réticences persistent, notamment chez les socialistes, qui craignent de perdre leur identité dans un rassemblement trop large. « La gauche doit choisir entre son orgueil et l'intérêt général », résume un observateur politique.