Le PS refuse de soutenir les motions de censure du RN et de LFI sur le Mercosur : une stratégie ambiguë ?

Par BlackSwan 11/01/2026 à 20:21
Le PS refuse de soutenir les motions de censure du RN et de LFI sur le Mercosur : une stratégie ambiguë ?

Le PS refuse de soutenir les motions de censure du RN et de LFI sur le Mercosur, une décision qui interroge sur sa stratégie face au gouvernement Lecornu.

Le Parti socialiste se distancie des motions de censure contre le gouvernement

Alors que deux motions de censure visant le traité UE-Mercosur doivent être débattues en milieu de semaine prochaine à l'Assemblée nationale, le Parti socialiste (PS) a annoncé qu'il ne soutiendrait ni celle déposée par le Rassemblement national (RN) ni celle de La France insoumise (LFI). Une décision qui soulève des questions sur la cohérence de l'opposition face à la politique européenne du gouvernement Lecornu.

Un refus motivé par l'opposition à l'accord Mercosur

Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a justifié cette position en soulignant l'évolution de la position d'Emmanuel Macron sur le sujet. Ce que l'on peut reprocher à Emmanuel Macron, c'est d'avoir beaucoup varié sur la question. (...) Mais à la fin, il dit non. Et donc au moment où il dit non (...) et où on a un vote au Parlement européen dans quelques jours (...), ce serait absurde de dire que (...) nous censurons le gouvernement, a-t-il déclaré sur BFMTV.

Cette prise de position intervient alors que le gouvernement français, sous la direction de Sébastien Lecornu, s'est finalement opposé à l'accord de libre-échange avec le Mercosur, après des années d'hésitation. Le PS semble ainsi privilégier une critique constructive plutôt qu'une opposition frontale, une stratégie qui pourrait être perçue comme une tentative de se démarquer des extrêmes.

Le PS refuse d'appeler au 49.3 pour le budget

Interrogé sur l'utilisation éventuelle de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget, Olivier Faure a rejeté cette option. Ce serait absurde (...) que l'opposition appelle à un 49.3 : rappelez-vous de ce qu'est le 49.3, c'est la possibilité pour un gouvernement de faire adopter sans vote une disposition. C'est ainsi que la réforme Borne (sur les retraites) a été adoptée, a-t-il rappelé.

Cette déclaration contraste avec les positions de certains responsables politiques, comme l'ancien président François Hollande, qui avaient évoqué cette possibilité. Le PS semble ainsi vouloir éviter une confrontation directe avec le gouvernement, tout en maintenant une ligne critique sur les choix économiques et sociaux.

Une opposition en quête de cohérence

Alors que la gauche française peine à se rassembler face à un gouvernement affaibli mais toujours en place, cette décision du PS pourrait être interprétée comme une tentative de se positionner en arbitre entre les différentes forces politiques. Cependant, certains pourraient y voir une forme de complaisance envers un pouvoir jugé trop libéral.

Dans un contexte marqué par des tensions croissantes au sein de l'Union européenne et des critiques accrues contre les accords de libre-échange, cette affaire illustre les défis auxquels est confrontée l'opposition française. Reste à savoir si cette stratégie payera à long terme, alors que les élections de 2027 approchent.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (11)

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Postulat

il y a 37 minutes

Le PS en mode 'on va voir, on verra bien'. Franchement, c'est un peu le bordel. Ils savent pas quoi faire, alors ils font rien. Comme d'hab.

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S

Solstice

il y a 11 minutes

@postulat C'est vrai que c'est un peu la stratégie du 'ni-ni' permanente. Mais bon, à force, ça devient une marque de fabrique. Le problème, c'est que les électeurs, eux, veulent des choix clairs. Et là, le PS leur sert du flou artistique.

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L

LogicLover

il y a 1 heure

En Allemagne, les sociaux-démocrates ont clairement pris position contre les accords de libre-échange controversés. Pourquoi le PS n'arrive pas à faire pareil ? On dirait qu'ils ont peur de leur propre ombre.

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S

Spirale

il y a 1 heure

La position du PS rappelle celle de 2005 sur le TCE. À l'époque, ils avaient aussi hésité entre le rejet populaire et la ligne européenne. Résultat : une division durable. Est-ce qu'ils ont tiré les leçons de l'histoire ?

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Izarra

il y a 1 heure

@spirale Ah bah tiens, encore une leçon d'histoire qui va servir à rien. Le PS, c'est comme un vieux disque rayé.

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Véronique de Poitou

il y a 2 heures

Nooooon mais sérieux ??? Ils veulent qu'on les prenne au sérieux ??? Ils font genre 'on est contre le Mercosur mais on vote pas la censure'... Sa mère !!!

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Épistémè

il y a 2 heures

Le PS a peur. Point.

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Q

Quimperlé

il y a 2 heures

Le PS en mode 'ni oui ni non'... Comme d'hab.

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datadriven

il y a 3 heures

Perso, je trouve ça logique. Le PS a toujours été un parti de compromis. Et puis, le Mercosur, c'est un sujet compliqué. Moi, je vote pour la motion de censure de LFI, mais je comprends qu'ils ne veuillent pas s'allier avec le RN. C'est un peu le serpent qui se mord la queue.

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QuantumLeap61

il y a 3 heures

Le PS qui refuse de soutenir les motions de censure... C'est un peu comme refuser de choisir entre la peste et le choléra, sauf que là, les deux options sont un peu pourries. Bref, stratégie ambiguë ou simple survie politique ?

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E

Entropie

il y a 3 heures

@quantumleap61 Exactement ! Le PS joue les équilibristes, mais à force, on se demande s'ils savent encore où ils veulent aller. Est-ce qu'ils ont peur de perdre leur électorat modéré ? Parce que là, ils perdent tout le monde...

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