Le Parti socialiste se distancie des motions de censure contre le gouvernement
Alors que deux motions de censure visant le traité UE-Mercosur doivent être débattues en milieu de semaine prochaine à l'Assemblée nationale, le Parti socialiste (PS) a annoncé qu'il ne soutiendrait ni celle déposée par le Rassemblement national (RN) ni celle de La France insoumise (LFI). Une décision qui soulève des questions sur la cohérence de l'opposition face à la politique européenne du gouvernement Lecornu.
Un refus motivé par l'opposition à l'accord Mercosur
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a justifié cette position en soulignant l'évolution de la position d'Emmanuel Macron sur le sujet. Ce que l'on peut reprocher à Emmanuel Macron, c'est d'avoir beaucoup varié sur la question. (...) Mais à la fin, il dit non. Et donc au moment où il dit non (...) et où on a un vote au Parlement européen dans quelques jours (...), ce serait absurde de dire que (...) nous censurons le gouvernement
, a-t-il déclaré sur BFMTV.
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement français, sous la direction de Sébastien Lecornu, s'est finalement opposé à l'accord de libre-échange avec le Mercosur, après des années d'hésitation. Le PS semble ainsi privilégier une critique constructive plutôt qu'une opposition frontale, une stratégie qui pourrait être perçue comme une tentative de se démarquer des extrêmes.
Le PS refuse d'appeler au 49.3 pour le budget
Interrogé sur l'utilisation éventuelle de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter le budget, Olivier Faure a rejeté cette option. Ce serait absurde (...) que l'opposition appelle à un 49.3 : rappelez-vous de ce qu'est le 49.3, c'est la possibilité pour un gouvernement de faire adopter sans vote une disposition. C'est ainsi que la réforme Borne (sur les retraites) a été adoptée
, a-t-il rappelé.
Cette déclaration contraste avec les positions de certains responsables politiques, comme l'ancien président François Hollande, qui avaient évoqué cette possibilité. Le PS semble ainsi vouloir éviter une confrontation directe avec le gouvernement, tout en maintenant une ligne critique sur les choix économiques et sociaux.
Une opposition en quête de cohérence
Alors que la gauche française peine à se rassembler face à un gouvernement affaibli mais toujours en place, cette décision du PS pourrait être interprétée comme une tentative de se positionner en arbitre entre les différentes forces politiques. Cependant, certains pourraient y voir une forme de complaisance envers un pouvoir jugé trop libéral.
Dans un contexte marqué par des tensions croissantes au sein de l'Union européenne et des critiques accrues contre les accords de libre-échange, cette affaire illustre les défis auxquels est confrontée l'opposition française. Reste à savoir si cette stratégie payera à long terme, alors que les élections de 2027 approchent.