Valérie Pécresse relance le débat sur une primaire de la droite et du centre
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et figure des Républicains, a relancé samedi 14 février le débat sur l’organisation d’une primaire de la droite et du centre, à l’issue des élections municipales. Une initiative perçue comme une tentative de reconquérir l’hégémonie politique face à un camp divisé et affaibli par les échecs récents.
Un scénario « idéal » pour éviter les erreurs du passé
Dans une interview accordée au Parisien, l’ancienne candidate LR à la présidentielle de 2022 a critiqué l’absence de leçons tirées des échecs passés, notamment de sa propre campagne, qui ne lui avait rapporté que 4,78 % des voix. «
Imaginer faire une primaire à l’automne prochain, comme en 2022, serait une faute majeure parce qu’on ne s’improvise pas candidat à la présidentielle en trois mois», a-t-elle souligné, plaidant pour un processus plus long et plus ouvert.
Selon elle, le « scénario idéal » serait une primaire déclenchée dès le lendemain des municipales, avec une date butoir avant l’été 2026. Une telle approche permettrait, selon Pécresse, de rassembler le camp et d’éviter les divisions internes qui ont miné la droite lors des précédentes élections.
Une primaire « ouverte » pour éviter les alliances avec l’extrême droite
Pécresse insiste sur la nécessité d’une primaire « la plus ouverte possible », estimant que cela donnerait un élan populaire au processus. Elle propose également que les candidats signent une charte des valeurs incluant le refus d’une alliance avec l’extrême droite, un engagement déjà pris par plusieurs figures du LR mais contesté par d’autres.
Interrogée sur la possibilité d’une participation de Sarah Knafo, eurodéputée de Reconquête, Pécresse s’y est opposée fermement, rappelant que cette dernière siège au Parlement européen avec des partis d’extrême droite, notamment allemands. Une position qui pourrait alimenter les tensions au sein d’un camp déjà fragmenté.
La pression sur Édouard Philippe et Bruno Retailleau
Concernant Édouard Philippe, ancien Premier ministre et figure centriste, Pécresse estime qu’il subira une « pression politique forte » pour participer à une primaire. «
Quand on veut se présenter à la fonction suprême, on ne craint pas une primaire ouverte», a-t-elle lancé, sous-entendant que son refus pourrait être interprété comme un manque de légitimité.
Quant à la candidature annoncée de Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, pour 2027, Pécresse y voit une « clarification utile » qui pourrait accélérer les débats sur la sélection du candidat de la droite et du centre. Une initiative qui pourrait, selon elle, stabiliser un camp en crise.
Un contexte politique tendu
Cette proposition intervient dans un contexte marqué par la crise de la démocratie locale et la montée des tensions internes à droite. Alors que le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, tente de consolider son influence, la droite peine à se rassembler, entre divisions idéologiques et rivalités personnelles.
Les prochaines municipales pourraient ainsi servir de test décisif pour l’avenir du camp conservateur, alors que l’extrême droite, menée par le Rassemblement National, continue de gagner du terrain dans les sondages. Une primaire réussie pourrait-elle redonner espoir à une droite en quête de renouveau ?