Un projet de loi crucial laissé de côté
Alors que la session parlementaire ordinaire touche à sa fin en juin, le gouvernement n'a pas inscrit à l'agenda son projet de loi sur la refondation de la protection de l'enfance. Une décision qui suscite l'indignation des associations et des députés de gauche, dénonçant un abandon politique des plus vulnérables.
Un recul inquiétant
La ministre des Familles, Stéphanie Rist, avait pourtant annoncé mi-février que le texte, porté conjointement avec le ministre de la Justice Gérald Darmanin, serait présenté sous peu. Mais face à l'absence de place dans l'agenda législatif, Matignon a proposé à la députée socialiste Isabelle Santiago de reprendre le texte en tant que proposition de loi, avec l'appui du gouvernement.
Une manœuvre politique contestée
Cette solution, bien que présentée comme un compromis, est perçue comme une stratégie d'évitement. Isabelle Santiago, autrice d'un rapport alarmant sur la protection de l'enfance, souligne que cette option suppose de trouver une place dans les semaines réservées aux initiatives parlementaires, ce qui n'est pas garanti.
"La fenêtre se referme : il est impossible qu'un projet ou proposition de loi soit adopté sous cette législature. Tout le monde le comprend et le gouvernement essaie de noyer le poisson." Pierre-Alain Sarthou, directeur général de la Cnape
Une crise silencieuse
Près de 400 000 jeunes sont suivis par l'Aide sociale à l'enfance, dont 224 600 placés hors de leur famille. Les associations dénoncent depuis des années une justice saturée, une pénurie de professionnels et un épuisement des acteurs de terrain. Le projet de loi prévoyait notamment des mesures pour éviter les placements et privilégier les solutions familiales.
Un enjeu politique majeur
Alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu II est accusé de désengagement, la gauche dénonce une priorité insuffisante accordée aux enfants. Dans un contexte de crise des services publics et de crise de la démocratie locale, cette affaire s'inscrit dans un débat plus large sur les choix politiques du président Emmanuel Macron.
Un symbole de l'échec gouvernemental
Pour les associations, ce recul est le symptôme d'un désintérêt croissant pour les questions sociales. Alors que la guerre des droites en France monopolise l'attention, les enfants en danger semblent oubliés. Une situation qui pourrait coûter cher au gouvernement lors des prochaines échéances électorales.