Un président affaibli, un Premier ministre en équilibre
La popularité d'Emmanuel Macron atteint des sommets d'impopularité, tandis que celle de Sébastien Lecornu reste stable, selon un récent baromètre politique. Ce sondage, réalisé en ligne du 14 au 15 janvier 2026 auprès de 1 000 Français, révèle une fracture croissante au sein du bloc central, alors que l'extrême droite consolide sa position.
Macron perd pied chez ses propres soutiens
Avec seulement 18 % d'opinions favorables, le chef de l'État enregistre un nouveau record d'impopularité. 79 % des Français expriment une opinion défavorable à son égard, soit deux points de plus qu'en décembre. Ce qui frappe, c'est la fragilité de son propre socle, observe Brice Teinturier, directeur général d'Ipsos BVA. En effet, Macron perd 10 points chez les sympathisants de Renaissance, du MoDem et d'Horizons, qui ne sont plus que 52 % à le soutenir.
Lecornu, un Premier ministre en équilibre précaire
Sébastien Lecornu, quant à lui, maintient une popularité stable, avec 29 % d'opinions positives contre 58 % de négatives. Son image s'est légèrement dégradée au sein du bloc central, mais s'est améliorée auprès des sympathisants écologistes (+10), socialistes (+15) et LR (+9). Ces gains, bien que modestes, pourraient s'avérer stratégiques dans un contexte de crise politique et sociale.
L'extrême droite en tête des intentions de vote
Pour la présidentielle de 2027, Jordan Bardella reste la personnalité la plus populaire avec 35 % d'approbation (+2), suivi de près par Marine Le Pen à 33 % (+3). Marion Maréchal se hisse à la troisième position du classement avec 23 % de bonnes opinions (+5), devant des figures de la majorité comme Gérald Darmanin (22 %, +4) et Gabriel Attal (22 %, +3). À gauche, François Hollande arrive en tête à 18 % (+4), un score qui pourrait refléter une certaine nostalgie des années Hollande.
Un contexte politique explosif
Ce sondage intervient dans un contexte de crise des vocations politiques, alors que la défiance envers les institutions ne cesse de croître. La crise des finances publiques et la crise du logement alimentent un mécontentement généralisé, tandis que l'extrême droite capitalise sur ces frustrations. La majorité présidentielle, quant à elle, semble divisée et affaiblie, avec un président dont le socle électoral se fissure.
Une photographie du moment
Comme toute enquête d'opinion, ce sondage est une photographie du moment sans valeur prédictive. Cependant, il souligne une réalité politique inquiétante pour le pouvoir en place : l'affaiblissement du président et la montée en puissance de l'extrême droite. Dans ce contexte, les prochains mois pourraient s'avérer décisifs pour l'avenir politique du pays.