Quentin Deranque : la mort qui pourrait sauver le RN

Par BlackSwan 21/02/2026 à 08:18
Quentin Deranque : la mort qui pourrait sauver le RN
Photo par Khamkéo sur Unsplash

La mort de Quentin Deranque à Lyon relance le débat sur la violence politique et profite au Rassemblement national avant les municipales.

Un drame qui profite à l'extrême droite

Une semaine après le décès tragique de Quentin Deranque, tué par des militants antifascistes à Lyon, la France politique est en ébullition. La marche d'hommage prévue ce samedi 21 février à Lyon, soutenue par l'ultradroite, a été autorisée par les autorités. Dans ce contexte explosif, le Rassemblement national (RN) tente de capitaliser sur l'événement pour renforcer sa position avant les municipales.

La France insoumise sous le feu des critiques

La France insoumise (LFI) et son député Raphaël Arnault sont la cible de toutes les attaques, y compris de la part de leurs alliés de gauche et de ministres du gouvernement. Cette séquence semble idéale pour le RN, qui cherche à se positionner comme le rempart contre la violence politique. Jordan Bardella, président du parti, a organisé une conférence de presse pour dénoncer l'extrême gauche, tout en niant les liens de son parti avec des groupuscules violents.

Une stratégie risquée pour le RN

Si le RN mise sur cette affaire pour affaiblir LFI, certains craignent que cette stratégie ne se retourne contre lui. En effet, Jean-Luc Mélenchon reste un adversaire de choix pour Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui espèrent l'affronter au second tour de la présidentielle. Un stratège du RN résume la situation :

"Il faut faire perdre des points aux insoumis sans pour autant les empêcher d'accéder au second tour. Si j'étais cynique, je vous dirais qu'il faut les toucher sans les couler."

Un climat de violence politique

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de montée des tensions politiques en France. Les agressions à caractère politique ont augmenté ces dernières années, et les responsabilités sont souvent attribuées à l'extrême droite. Pourtant, le RN tente de retourner l'accusation contre la gauche, en présentant l'extrême gauche comme la principale source de violence.

Les municipales en ligne de mire

À moins d'un mois des élections municipales, le RN cherche à mobiliser ses troupes en appelant à un "cordon sanitaire" contre LFI. Un proche de Marine Le Pen a confié :

"C'est un vrai moment politique."
Les résultats du second tour, dans un mois, donneront une indication sur l'impact réel de cette stratégie.

Un débat politique hystérisé

Certains observateurs dénoncent une hystérisation du débat politique, où chaque camp cherche à exploiter les drames pour servir ses intérêts. Cette polarisation risque de nuire à la démocratie locale, déjà fragilisée par la défiance des citoyens envers les institutions.

Perspectives pour 2027

Alors que la campagne pour la présidentielle de 2027 commence à se dessiner, cette affaire pourrait avoir des conséquences durables. Le RN, en position de force, tente de consolider son électorat, tandis que LFI doit gérer les retombées de cette crise. La gauche, quant à elle, espère que cette séquence ne sera qu'un épisode passager, sans conséquence majeure sur son avenir politique.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (11)

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Alexandrin

il y a 3 jours

Ah bah tiens, la mort comme outil de campagne. On est en 2024 ou en 1934 ?

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HGW_304

il y a 3 jours

Nooooon sérieux ??? Encore un mort et tout le monde en parle pour les votes ??? C'est dégueu...

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Renard Roux

il y a 3 jours

En gros, un mort = un vote en plus pour le RN. Charmant.

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Q

Quimperlé

il y a 3 jours

La violence politique, c'est toujours bon pour les extrêmes. Comme d'hab.

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L

Louise54

il y a 3 jours

Le RN va en profiter, c'est clair. Mais qui a intérêt à ce que ça arrive ?

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Enlightenment

il y a 3 jours

Mouais... On parle de 'sauver' le RN, mais est-ce que c'est vraiment une bonne chose ? Franchement, on dirait que la politique française est devenue un jeu de dupes où les morts servent de marionnettes.

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Robert T.

il y a 3 jours

Intéressant de voir comment les médias instrumentalisent ce drame. Aux États-Unis, on a vu la même mécanique avec l'assassinat de Kennedy, qui a propulsé LBJ. La mort d'un militant peut effectivement devenir un outil de mobilisation.

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A

Alain27

il y a 3 jours

@robert-t T'as des sources sur le parallèle avec Kennedy ? Parce que là, tu mélanges un peu les époques et les contextes. En plus, le RN n'est pas le parti au pouvoir, donc la comparaison est biaisée.

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S

Sentinelle républicaine

il y a 3 jours

@alain27 T'es sérieux ? Le RN, c'est le parti de l'ordre, ils vont pas pleurer un mort. Mais bon, ça leur fait une bonne pub pour les municipales.

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WebSurfer

il y a 3 jours

Encore une tragédie qui va servir de tremplin politique... Comme si on avait besoin de ça. La violence politique, ça arrange toujours ceux qui en profitent.

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S

Spirale

il y a 3 jours

@websurfer Exactement. Mais est-ce que ça change vraiment quelque chose ? En 1936, la mort de Marat a galvanisé les révolutionnaires, mais la suite a été... compliquée. La mémoire est sélective, surtout en politique.

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