Un contexte explosif pour le Rassemblement national
La mort tragique de Quentin Deranque, jeune militant identitaire, a relancé le débat sur les violences politiques en France. Le Rassemblement national (RN) tente de capitaliser sur cet événement pour attaquer La France insoumise (LFI) et les groupes d'ultragauche, mais cette stratégie pourrait se retourner contre lui.
Le RN sous le feu des critiques
Jordan Bardella, président du RN, a convoqué la presse pour dénoncer l'extrême gauche, appelant à un « cordon sanitaire » contre LFI. Une manœuvre politique risquée, alors que le parti lepéniste est lui-même interrogé sur ses liens historiques avec des mouvements d'ultradroite.
« Je mets sur le même plan l'ultragauche et l'ultradroite », a affirmé Bardella, tout en refusant de nommer des groupuscules d'extrême droite à dissoudre. Une position critiquée par des élus de gauche, comme la sénatrice socialiste Laurence Rossignol, qui rappelle que « l'extrême droite a aussi beaucoup de choses à se reprocher ».
Des liens troubles avec l'ultradroite
Malgré les tentatives de Marine Le Pen de se distancier des mouvements radicaux, des liens persistent. En 2024, un collaborateur parlementaire du RN avait été licencié après des révélations sur son appartenance à un mouvement identitaire proche des réseaux néofascistes.
De plus, des saluts nazis et des slogans violents ont été observés lors d'hommages à Quentin Deranque, organisés par des groupuscules comme Les Natifs. Le parquet de Paris a ouvert une enquête, mettant le RN dans une position délicate.
Une normalisation en question
Le RN tente de se présenter comme un parti républicain, mais ces incidents remettent en cause sa crédibilité. « On est vigilants, tout dérapage grave sera sanctionné », affirme un cadre du parti, tout en reconnaissant que « des collaborateurs peuvent encore déraper ».
À quelques mois des élections de 2027, cette affaire pourrait compliquer la stratégie de normalisation du parti, alors que la gauche dénonce une « récupération politique » dangereuse.
La gauche en première ligne
Des élus insoumis, comme Éric Coquerel, alertent sur les risques d'une alliance contre LFI. « Cette récupération va leur retomber sur le nez », estime-t-il, tout en critiquant certains socialistes qui appellent à un cordon sanitaire contre son parti.
Dans un contexte de crise des vocations politiques et de montée des tensions, cette affaire illustre les défis auxquels fait face la démocratie française.