Une campagne qui perd de son éclat
La candidate Les Républicains (LR) pour la mairie de Paris, Rachida Dati, voit sa campagne marquée par un net changement de ton. Après des débuts tonitruants, salués pour leur audace, la maire du 7e arrondissement semble désormais adopter un discours plus conventionnel, suscitant des interrogations au sein même de son camp.
Un contraste frappant avec ses débuts
Au micro de la radio RMC, un intervenant des Grandes Gueules a exprimé sa déception face à une candidate beaucoup moins pugnace qu’à l’accoutumée.
"Depuis tout à l’heure, je me dis ‘Mais est-ce vraiment la Rachida Dati qu’on a connue ?’ Vous incarniez quelque chose de différent en politique, et là je vois une candidate assez calme, modérée, avec des éléments de langage convenus d’avance alors que Rachida Dati, d’habitude, c’est beaucoup plus ‘punchy’."Ces propos, tenus par Antoine Diers, ancien porte-parole d’Éric Zemmour, résument le malaise d’une partie de la droite parisienne.
Une stratégie en question
Pourtant, en septembre dernier, Rachida Dati avait marqué les esprits avec des vidéos virales, rompant avec les codes traditionnels de la communication politique. Bras dessus, bras dessous avec ses interlocuteurs, elle incarnait une droite décomplexée, en phase avec les attentes d’une partie de l’électorat parisien. Mais depuis quelques semaines, son discours s’est assagi, comme en témoigne son intervention lors de la rentrée politique des élus LR de Paris, dimanche 18 janvier. Un ton posé, un débit plus lent, et un appel à l’unité pour éviter la dispersion des voix.
Un contexte politique tendu
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la crise des vocations politiques, où les partis traditionnels peinent à séduire un électorat de plus en plus volatil. La droite française, divisée entre modérés et radicaux, voit en Rachida Dati une figure capable de fédérer. Mais son recentrage pourrait-elle lui coûter son électorat historique ?
Par ailleurs, la campagne parisienne s’inscrit dans un paysage national où la guerre des droites fait rage. Entre la ligne souverainiste de l’extrême droite et le libéralisme modéré de LR, la candidate doit naviguer avec prudence. Son alliance avec le MoDem et l’UDI, ainsi que le soutien discret de certains élus de Renaissance, montrent une volonté de rassembler au-delà de son parti. Mais suffira-t-elle à convaincre ?
Un premier tour décisif
Le 15 mars prochain, les Parisiens seront appelés aux urnes. Pour Rachida Dati, l’enjeu est de taille : éviter une triangulaire avec la gauche et l’extrême droite, qui pourraient profiter d’une division de la droite. Son discours apaisé vise à rassembler, mais risque-t-il de lasser ceux qui attendaient une candidate plus offensive ?
Dans un contexte où la crise de la démocratie locale se fait sentir, avec une abstention record aux dernières élections, la capacité à mobiliser sera cruciale. Rachida Dati devra convaincre qu’elle reste la candidate la plus à même de représenter une droite moderne, tout en gardant son identité.