Un départ précipité sous la pression gouvernementale
Contre toute attente, Rachida Dati a annoncé son départ du ministère de la Culture le mercredi 25 février, à la veille des élections municipales parisiennes. Une décision prise in extremis, après des mois de tensions avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui aurait souhaité un départ plus anticipé pour faciliter la transition. Nommée en janvier 2024, elle aura marqué le ministère par une longévité exceptionnelle sous la présidence Macron, mais aussi par une absence de réformes structurelles.
Des annonces tonitruantes, des réalisations timides
Dès son arrivée, Rachida Dati avait affiché une ambition : rendre la culture accessible à tous, notamment dans les territoires ruraux. Le plan Culture et ruralité est devenu son cheval de bataille, avec une série de déplacements médiatiques dans des communes souvent délaissées. Pourtant, les observateurs soulignent un écart criant entre les déclarations et les actes concrets.
Si elle a multiplié les annonces, peu de projets ont vu le jour. Les professionnels du secteur dénoncent une politique de communication prioritaire, au détriment des réformes de fond. « On a eu droit à des discours, mais pas à des mesures durables », confie un syndicaliste culturel sous couvert d’anonymat.
Une gestion controversée des médias
Autre point de friction : sa stratégie de communication sélective. Rachida Dati a systématiquement privilégié certains médias, au détriment d’une transparence attendue dans un ministère aussi symbolique. Une posture qui a alimenté les critiques sur son manque d’ouverture et son autoritarisme.
Alors que la France traverse une crise des vocations politiques, son départ pourrait symboliser l’échec d’une certaine forme de gestion politique, où l’image prime sur le contenu. À quelques mois des élections européennes, ce bilan mitigé interroge sur la capacité du gouvernement à porter une politique culturelle ambitieuse.