Une mesure controversée face aux dérives des plateformes
L'Assemblée nationale examine ce lundi 26 janvier une proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Une initiative soutenue par Emmanuel Macron, qui a demandé une procédure accélérée pour une entrée en vigueur dès la rentrée prochaine. Cette mesure s'inscrit dans un contexte de crise de la démocratie locale et de montée des inquiétudes sur les effets des réseaux sociaux sur les jeunes.
Des risques bien réels pour les adolescents
Les témoignages des jeunes et des familles révèlent les dangers de ces plateformes : procrastination, altération du sommeil, harcèlement en ligne. Marie, une adolescente de 15 ans harcelée pour son poids, a mis fin à ses jours en 2021. Stéphanie Mistre, du collectif Algos Victima, souligne l'impunité des auteurs de ces violences. « Ce qu'il l'a tuée, c'est de voir cette injustice, cette violence qu'il y avait et en fait cette impunité dans tout », explique-t-elle.
Un débat polarisé
Si certains saluent cette mesure, d'autres, comme un passant interrogé, soulignent les limites : « Les adolescents de 15 ans, quand ils voudraient aller sur des réseaux, là ils vont très certainement trouver des solutions de contournement. Donc je suis pour, mais je ne suis pas absolument certain que ça règle l'entièreté du problème. »
Une réponse politique à une crise sociale
Le gouvernement Lecornu II, sous la pression d'une opinion publique de plus en plus critique envers les géants du numérique, cherche à affirmer son autorité. Cette loi s'inscrit dans une logique de protection des mineurs, mais aussi de régulation d'un secteur dominé par des acteurs étrangers, souvent critiqués pour leur manque de transparence. La France, en prenant cette initiative, pourrait inspirer d'autres pays européens, notamment ceux de l'Union, dans leur lutte contre les dérives des réseaux sociaux.
Un enjeu démocratique
Cette proposition de loi intervient dans un contexte où la crise de la démocratie locale se double d'une défiance croissante envers les institutions. Les réseaux sociaux, souvent accusés de polariser le débat public, pourraient ainsi devenir un symbole de la lutte pour une société plus protectrice, notamment envers les jeunes générations.
« Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n'est pas à vendre. » — Emmanuel Macron