RN : Les aveux embarrassants de Nicolas Bay au procès en appel des assistants européens

Par Camaret 20/01/2026 à 09:15
RN : Les aveux embarrassants de Nicolas Bay au procès en appel des assistants européens

Nicolas Bay, député RN, reconnaît des irrégularités dans l'utilisation des assistants européens. Un procès qui éclabousse le parti et relance le débat sur l'intégrité des financements politiques.

Un procès qui éclabousse le Rassemblement National

Lundi 19 janvier 2026, le député européen du Rassemblement National (RN) Nicolas Bay a marqué un tournant dans le procès en appel des assistants européens du parti. Sous la pression des questions de la présidente de la cour d’appel, Michèle Agi, il a finalement admis que son assistant avait peut-être travaillé dans une « zone grise ». Une reconnaissance tardive, qui contraste avec la défense initiale du parti.

Des demi-aveux sous pression judiciaire

« J’ai cheminé, j’ai réfléchi », a déclaré Nicolas Bay, avant d’ajouter : « Je ne suis pas dans une forme de déni. » Une déclaration qui sonne comme un aveu partiel, mais qui a été rapidement contredit par l’assistant en question. Ce dernier a finalement reconnu avoir travaillé « à 90 % » pour le parti, alors qu’il était payé par le Parlement européen.

« J’ai essayé de m’organiser rapidement, je n’avais qu’une vision lointaine et assez théorique de tout ça. »
— Nicolas Bay, député européen RN

Un système opaque au cœur des accusations

Élu en 2014, Nicolas Bay avait embauché un assistant accrédité à Strasbourg et Bruxelles, ainsi que trois militants locaux. Parmi eux, Timothée Houssin, dont le parcours a été éclaboussé par la publication d’une photo antisémite en 2019. Ce scandale avait conduit au renvoi de l’assistant, mais n’avait pas empêché les soupçons de persister sur l’utilisation frauduleuse des fonds européens.

Le procès en appel révèle une nouvelle fois les dysfonctionnements internes du RN, qui peine à se défaire de son image d’un parti aux pratiques douteuses. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de renforcer les contrôles sur les financements politiques, cette affaire rappelle les risques de dérive lorsque les partis d’extrême droite bénéficient de fonds publics.

Un enjeu européen et démocratique

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale et de défiance envers les institutions. Le Parlement européen, souvent critiqué pour son manque de transparence, se retrouve une fois de plus au cœur d’un scandale impliquant un parti français. Une situation qui pourrait alimenter les tensions entre la France et l’Union européenne, alors que le président Emmanuel Macron tente de renforcer les liens avec Bruxelles.

Pour les observateurs, ce procès est symptomatique des difficultés du RN à se réformer en profondeur. Malgré les tentatives de « dédiabolisation », les pratiques du parti restent sous le feu des critiques, notamment de la part des forces de gauche, qui dénoncent une instrumentalisation des institutions européennes à des fins partisanes.

Un procès qui dépasse le cadre judiciaire

Au-delà des aspects juridiques, ce procès soulève des questions politiques majeures. Comment garantir l’intégrité des financements publics ? Comment lutter contre les dérives des partis politiques ? Autant de défis qui interpellent le gouvernement français, alors que la crise des vocations politiques et la défiance citoyenne ne cessent de croître.

Dans ce contexte, le RN tente de se présenter comme une alternative crédible, mais les révélations du procès en appel risquent de fragiliser sa crédibilité. Une situation qui pourrait profiter à la gauche, en pleine préparation des élections de 2027.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (4)

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QuantumLeap61

il y a 1 semaine

Ah, la grande tradition des partis politiques français : promettre la transparence et finir en procès. Le RN avait pourtant juré qu'avec eux, ça serait différent... Franchement, on va encore attendre combien de temps avant que quelqu'un assume ?

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Louise54

il y a 1 semaine

@quantumleap61 La question c'est : qui va payer la note ? Les contribuables ou les élus ? Parce que là, on a l'impression que c'est toujours les mêmes qui trinquent...

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Nolwenn de Nivernais

il y a 1 semaine

Ce dossier rappelle étrangement l'affaire des assistants parlementaires du FN en 2014. À l'époque, le parti avait déjà été condamné pour emploi fictif. On dirait que certaines leçons ne sont pas retenues... Dommage, car le RN tente pourtant de se normaliser. Genre, c'est quoi la stratégie ? Faire croire que c'est un accident isolé ?

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corbieres

il y a 1 semaine

@nolwenn-de-nivernais nooooon mais sérieux ??? Ils vont tjrs nous sortir le même discours ??? 'C'est pas nous, c'est un cas isolé'... pfff. Et en plus Bay il a avoué !!! Genre, ils se foutent de notre gueule ou quoi ?!!

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