Une entrée en campagne tonitruante pour la gauche réunionnaise
Sous les projecteurs d'un stade comble, Ericka Bareigts, maire socialiste de Saint-Denis de La Réunion, a marqué les esprits lors d'un meeting électrisant. Plus de 7 000 personnes ont répondu présent, un chiffre symbolique dans cette première ville des outre-mer, où la gauche tente de consolider son ancrage face aux défis politiques nationaux.
Vêtue d'un haut vert fluo, la candidate a salué une foule en liesse brandissant des portraits à son effigie. « C'est un signe de confiance », a-t-elle déclaré, soulignant l'importance de cette mobilisation dans un contexte marqué par la crise des vocations politiques et la montée des abstentions.
Une union des gauches malgré les divisions internes
Si l'union semble scellée à Saint-Denis, les divisions persistent au sein du Parti socialiste et de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES). L'abandon des candidats de droite et d'extrême droite – dont l'ancien président du conseil régional Didier Robert et le délégué départemental du Rassemblement national – pourrait cependant faciliter la victoire de Bareigts.
Pourtant, la stratégie des partis pour 2027 reste un enjeu majeur. « Il faut travailler comme si on n'était pas les premiers », a rappelé la candidate, consciente des défis à venir dans une France où la démocratie locale est souvent mise à mal par les clivages nationaux.
Un symbole pour les outre-mer face au pouvoir central
Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions avec le gouvernement Lecornu II, cette victoire potentielle pourrait renforcer le poids politique des DOM-TOM. « La Réunion n'est pas un laboratoire, mais une terre de résistance », a lancé un militant, rappelant les enjeux spécifiques des territoires ultramarins.
Alors que le président Emmanuel Macron peine à rassembler, cette mobilisation à Saint-Denis pourrait annoncer un renouveau de la gauche locale, capable de contrer à la fois l'extrême droite et la droite libérale.
Un meeting aux allures de défi politique
Le meeting du 31 janvier a aussi été l'occasion de rappeler les succès passés de la gauche réunionnaise, tout en pointant du doigt les échecs du gouvernement en matière de sécurité et de politique agricole. « On ne peut pas laisser les territoires ultramarins devenir des zones de non-droit », a martelé un intervenant, évoquant la crise de la sécurité en France.
Avec cette campagne, Ericka Bareigts incarne une gauche fédératrice et combatitive, prête à affronter les défis des prochaines élections municipales et législatives.