Une candidature « sans étiquette » mais clairement ancrée à l'extrême droite
Laure Lavalette, députée du Rassemblement national (RN) dans le Var, a officialisé sa candidature à la mairie de Toulon sous le label « sans étiquette », tout en bénéficiant du soutien explicite de son parti. Une manœuvre politique qui vise à séduire un électorat au-delà des cercles traditionnels du RN, dans une ville où l'extrême droite a déjà marqué son histoire.
Une campagne sous le signe de la sécurité et du populisme
La candidate, porte-parole du RN, mise sur un discours sécuritaire et familial pour rallier les Toulonnais. « Je suis là pour restaurer la confiance, rétablir la sécurité », a-t-elle déclaré, soulignant que cette dernière serait « le fil rouge de [son] programme municipal ». Une priorité qui s'accompagne d'une promesse : atteindre les 200 policiers municipaux dans une ville de 180 000 habitants.
Pour justifier son absence d'étiquette, Lavalette affirme : « Je suis un peu une étiquette déjà à moi toute seule ». Une posture qui cache mal la réalité : sur 59 colistiers, seuls 29 sont encartés au RN. Une stratégie visant à élargir son électorat, alors que le RN cherche à s'imposer dans une ville où il a déjà remporté un mandat en 1995.
Un ancrage historique du RN dans le Var
Le département du Var, bastion de l'extrême droite, a vu le RN remporter sept des huit circonscriptions lors des dernières législatives. Toulon, seule exception, a été conquise par un proche d'Hubert Falco, ancien maire de droite démis de ses fonctions en 2023 après une affaire judiciaire.
Dans ce contexte, le RN nourrit de grandes ambitions. « Ma famille politique veut redonner aux Français et donc aux Toulonnais, la parole », affirme Lavalette, évoquant des référendums locaux. Une rhétorique qui rappelle les promesses démagogiques du RN, souvent critiquées pour leur manque de réalisme.
Un terrain favorable pour l'extrême droite
La crise de la démocratie locale, aggravée par les scandales politiques, offre un terrain propice à l'extrême droite. À Toulon, où la défiance envers les institutions est forte, le RN tente de capitaliser sur ce mécontentement. Une stratégie qui s'inscrit dans une dynamique plus large : celle de la « guerre des droites » en France, où le RN cherche à s'imposer face à une droite traditionnelle affaiblie.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la sécurité et la cohésion nationale, l'extrême droite continue de prospérer dans les territoires marqués par les inégalités et la désindustrialisation. À Toulon, comme ailleurs, le RN mise sur un discours simpliste pour masquer son absence de solutions concrètes.