Scandale en Outre-mer : le groupe Hayot accusé de « vie chère » et d'escroquerie en bande organisée

Par Anachronisme 24/12/2025 à 01:06
Scandale en Outre-mer : le groupe Hayot accusé de « vie chère » et d'escroquerie en bande organisée

Scandale en Outre-mer : le groupe Hayot accusé de « vie chère » et d'escroquerie en bande organisée. Enquête sur un empire économique sous le feu des critiques.

Un empire économique sous le feu des projecteurs

À 91 ans, Bernard Hayot, figure emblématique des békés martiniquais, incarne un pouvoir économique et social qui défie le temps. Son groupe, GBH, est devenu un géant des DOM-TOM, avec 18 000 employés et un chiffre d'affaires dépassant les 5 milliards d'euros en 2024. Pourtant, derrière cette success story se cache une réalité plus sombre : des accusations d'entente illicite, d'abus de position dominante et même d'escroquerie en bande organisée.

Une enquête judiciaire qui éclabousse l'Outre-mer

L'ouverture d'une information judiciaire le 29 août 2024, à la demande du Parquet national financier, marque un tournant. Deux juges d'instruction sont désormais chargés d'éclaircir les pratiques du groupe Hayot, accusé de participer activement à la « vie chère » en Outre-mer. Une situation qui a alimenté les tensions sociales, notamment lors des manifestations de l'automne 2024, où les prix des produits alimentaires en Guadeloupe étaient en moyenne 42 % plus élevés qu'en métropole.

Un système économique contesté

Le groupe Hayot, qui contrôle 52 % de son chiffre d'affaires via la grande distribution (franchises Carrefour, Mr Bricolage, Decathlon) et 37 % dans l'automobile (concessions Renault), est accusé de pratiques anticoncurrentielles. Des accusations qui soulèvent des questions sur la souveraineté économique des territoires ultramarins et leur dépendance à des conglomérats locaux.

La réponse politique : entre silence et communication

Face à la montée des critiques, le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a jusqu'ici adopté une attitude prudente. Pourtant, la gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, a saisi l'occasion pour dénoncer un « système oligarchique » qui perpétue les inégalités.

« L'Outre-mer ne peut plus être le terrain de jeu des privilèges coloniaux »,
a-t-il déclaré lors d'un rassemblement à Fort-de-France en novembre 2024.

Un enjeu démocratique et social

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les territoires ultramarins peinent à faire entendre leur voix. Les accusations contre le groupe Hayot révèlent les tensions entre développement économique et justice sociale, un débat qui pourrait influencer les stratégies des partis pour 2027.

Vers une réforme du modèle économique outre-mer ?

Alors que l'Union européenne et les institutions françaises observent de près cette affaire, certains experts appellent à une refonte des règles de concurrence dans les DOM-TOM. Une réforme qui pourrait s'inspirer des modèles norvégiens ou islandais, où la protection des consommateurs est une priorité.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (7)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

K

Kaysersberg

il y a 1 mois

En Europe, on a des mécanismes de régulation bien plus stricts. Pourquoi la France ne s'inspire-t-elle pas des modèles européens ?

0
D

Douarnenez

il y a 1 mois

Pfff... Les Hayot, les autres, c'est du pareil au même. Le vrai problème, c'est que l'État ferme les yeux tant que ça rapporte. La politique, c'est toujours la même mascarade.

0
M

Max95

il y a 1 mois

Selon la Cour des comptes, les prix en Outre-mer sont 30% plus élevés qu'en métropole. Le rapport est accablant...

0
O

Ophélie

il y a 1 mois

Attention à ne pas tout mélanger. Le groupe Hayot crée des emplois, c'est déjà ça. Mais bien sûr, si des dérives sont prouvées, il faut sanctionner.

0
Q

Quimperlé

il y a 1 mois

@ophelie Des emplois ? À quel prix ? Avec des salaires de misère et des prix exorbitants ? C'est du pur néocolonialisme économique.

0
G

Gradation

il y a 1 mois

Encore un scandale qui montre que le système est pourri jusqu'à la moelle. Les Hayot, c'est l'exemple parfait du capitalisme de copains en Outre-mer. Et après on s'étonne que les jeunes partent...

3
N

Nausicaa

il y a 1 mois

Exactement @gradation ! C'est toujours les mêmes qui profitent des territoires ultra-marins. La justice doit enfin agir contre ces pratiques !!!

0
Publicité