Un service national militarisé pour répondre à l'urgence sécuritaire
Alors que la menace russe pèse de plus en plus sur l'Europe, le gouvernement français lance ce lundi une vaste campagne de recrutement pour un nouveau service national militaire, annoncé en novembre dernier par Emmanuel Macron. Une initiative qui marque un tournant dans la politique de défense française, alors que le pays fait face à des tensions géopolitiques croissantes.
Une réponse aux défis stratégiques actuels
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a présenté ce lundi les contours de cette réforme lors d'une conférence de presse à Paris, aux côtés des plus hauts gradés des armées. Ce nouveau service, purement militaire, vise à renforcer les capacités opérationnelles des forces armées françaises, dans un contexte marqué par l'agression russe en Ukraine et les tensions persistantes en mer Noire.
« Nous devons répondre aux besoins croissants de nos armées face à des risques accrus de conflit », a déclaré le président Macron lors de l'annonce du projet. Une déclaration qui intervient alors que la France, membre clé de l'Union européenne, se positionne comme un rempart face aux ambitions expansionnistes de Moscou.
Un dispositif progressif mais ambitieux
Le gouvernement prévoit un déploiement graduel de ce service national, avec 3 000 jeunes recrutés dès cette année, puis 10 000 par an d'ici 2030, pour atteindre 42 500 en 2035. Une ambition qui s'ajoute aux 8 000 volontaires déjà engagés dans le service militaire volontaire (SMV) et le service militaire adapté (SMA) dans les DOM-TOM.
Les recrues, majoritairement des jeunes de 18 à 19 ans, bénéficieront d'une rémunération de 800 euros par mois, logement et nourriture inclus. Une mesure saluée par les associations de jeunesse, alors que la France fait face à une crise de l'emploi des jeunes.
L'abandon du SNU, une décision contestée
Ce nouveau service marque aussi la fin du service national universel (SNU), lancé en 2019 sous l'impulsion d'Emmanuel Macron. Une promesse de campagne qui n'a jamais pu être généralisée, faute de moyens et de volonté politique. « Le SNU n'est plus adapté au contexte stratégique actuel », reconnaît l'Élysée, soulignant ainsi l'évolution des priorités du gouvernement.
Cette décision a suscité des critiques de la part de l'opposition, notamment de la gauche, qui dénonce un retour en arrière dans la politique de cohésion nationale. Jean-Luc Mélenchon a ainsi qualifié cette réforme de « mesure populiste », tandis que le Rassemblement National y voit une « capitulation face aux exigences de l'OTAN ».
Un enjeu de souveraineté européenne
Alors que l'Europe se prépare à une possible escalade des tensions avec la Russie, cette réforme s'inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des capacités militaires françaises. La France, alliée historique des pays nordiques et des Balkans, entend ainsi jouer un rôle clé dans la défense du continent.
« La sécurité de l'Europe passe par une défense commune forte et une coopération renforcée entre nos armées », a déclaré le Premier ministre Sébastien Lecornu, soulignant l'importance de cette initiative dans un contexte géopolitique incertain.
Reste à savoir si cette mesure suffira à répondre aux défis sécuritaires croissants, alors que la France, comme ses partenaires européens, doit faire face à des menaces multiples et variées.