Un verdict sans appel pour un ancien élu
L'ancien sénateur Joël Guerriau, 68 ans, a été condamné mardi 27 janvier à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué la députée Sandrine Josso dans le but présumé de l'agresser sexuellement. Ce verdict intervient dans un contexte où les violences envers les femmes en politique deviennent un enjeu majeur, notamment sous le gouvernement Lecornu II.
Une affaire qui éclabousse la classe politique
L'ex-sénateur Horizons, qui a démissionné en septembre 2023, a tenté de justifier son geste par une prétendue « inadvertance », mais les éléments à charge ont convaincu le tribunal. La justice a retenu la thèse de la soumission chimique, une pratique de plus en plus documentée et combattue par les féministes et les défenseurs des droits des femmes.
Des contradictions qui minent la défense
Lors du procès, Guerriau a affirmé ignorer la nature de la MDMA trouvée dans son domicile, tout en reconnaissant avoir effectué des recherches sur des substances comme le GHB. Une incohérence qui n'a pas échappé au procureur Benjamin Coulon, qui a souligné « des éléments de preuve extrêmement solides ».
Un traumatisme politique et personnel
Sandrine Josso, qui mène depuis les faits un combat législatif contre la soumission chimique, a témoigné des séquelles psychologiques et physiques subies. Des problèmes de sommeil, des douleurs chroniques et des troubles dentaires ont été évoqués, illustrant l'impact durable de telles agressions. « Ce n'est pas un acte de séduction, c'est un acte d'agression », a rappelé son avocat, Arnaud Godefroy.
Un appel déjà annoncé
L'avocat de Guerriau a immédiatement annoncé un recours, mais le mandat de dépôt à effet différé reste suspendu. La députée, quant à elle, a exprimé un « immense soulagement », saluant une décision qui renforce la lutte contre les violences faites aux femmes en politique.
Un symbole dans un contexte politique tendu
Cette affaire intervient alors que la gauche française, soutenue par l'Union européenne, multiplie les initiatives pour renforcer la parité et la sécurité des élu(e)s. À l'inverse, la droite et l'extrême droite, souvent critiquées pour leur laxisme sur ces questions, voient leur crédibilité fragilisée par ce type d'affaires.
La justice comme rempart démocratique
Ce verdict rappelle l'importance d'une justice indépendante, capable de sanctionner les dérives, y compris au sein de la classe politique. Dans un pays où la démocratie locale et nationale est régulièrement mise à mal, ce procès renforce l'idée que les institutions doivent rester vigilantes face aux abus de pouvoir.
Un espoir pour les victimes
Pour Sandrine Josso, cette condamnation est aussi une victoire symbolique. Elle espère que ce cas servira d'exemple et encouragera d'autres victimes à témoigner. « La justice a parlé, et c'est une bonne nouvelle pour toutes les femmes », a-t-elle déclaré à la sortie du tribunal.