Les Écologistes face aux dissensions internes
Dans un entretien accordé à une émission politique, Léa Balage El Mariky, députée de Paris et porte-parole du groupe Écologiste et social à l'Assemblée nationale, a évoqué avec franchise les tensions au sein de son parti concernant les alliances pour les prochaines élections municipales.
Des alliances controversées avec La France insoumise
Plusieurs élus écologistes ont décidé de rejoindre les listes de La France insoumise (LFI) pour les municipales à Paris, une décision qui a suscité des réactions vives au sein du parti. « Je crois que les trahisons en politique, c'est monnaie courante », a déclaré Léa Balage El Mariky, qualifiant ces ralliements de « forme de trahison » envers le projet collectif.
La députée a expliqué que ces élus, anciens conseillers de Paris, cherchaient avant tout à renouveler leur mandat, mais elle a critiqué leur manque de loyauté envers un projet porté pendant six ans. « Quand on contribue à fracturer la confiance des militantes et des militants, c'est une trahison », a-t-elle ajouté.
Une tribune qui fait grincer des dents
Parallèlement, une tribune publiée dans un média en ligne, signée par près de 400 militants ou anciens militants écologistes, dénonce le rapprochement privilégié avec le Parti socialiste (PS). Les signataires y voient une « béquille » pour une social-démocratie qui exclurait LFI. Léa Balage El Mariky a minimisé l'impact de cette tribune, soulignant qu'il s'agissait davantage d'anciens adhérents que de membres actifs.
Un message brouillé pour les électeurs ?
Interrogée sur la confusion potentielle chez les électeurs, la députée a défendu la clarté des lignes politiques. Elle a rappelé que les Écologistes soutenaient LFI dans certaines villes, comme Limoges, tout en critiquant leur stratégie à Lyon, où ils s'opposent au maire écologiste sortant. « Les Insoumis ont le droit de se présenter, mais ils se trompent à Lyon », a-t-elle affirmé.
Elle a également critiqué le PS pour son alliance avec le gouvernement, jugée « stratégique mais inefficace », notamment sur des dossiers comme la taxe Zucman ou les investissements écologiques. Malgré ces divergences, elle a rappelé l'importance de l'unité à gauche face à la menace d'une droite radicalisée.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, les divisions à gauche pourraient affaiblir la mobilisation électorale. Les Écologistes, souvent perçus comme un parti charnière, doivent naviguer entre leur base militante et les impératifs de réalisme politique. « On ne pourra pas se passer des États-Unis du jour au lendemain », a-t-elle rappelé, soulignant les défis géopolitiques qui pèsent sur les choix internes.
Dans un paysage politique fragmenté, les prochaines municipales pourraient révéler les forces et les faiblesses d'une gauche en quête d'unité.