Une visite polémique à la Sorbonne-Paris-Nord
Le 26 novembre 2025, trois députés du Rassemblement national, dont Julien Odoul, ont fait irruption sur le campus de l’université Sorbonne-Paris-Nord à Villetaneuse (Seine-Saint-Denis). Leur objectif affiché : « vérifier » l’application de la laïcité en comptabilisant les étudiantes portant le voile islamique. Une opération médiatisée en direct sur les réseaux sociaux, relayée par des médias d’extrême droite comme Frontières et Boulevard Voltaire.
Une proposition de loi controversée
Quelques semaines plus tard, le 23 décembre 2025, Julien Odoul déposait une proposition de loi visant à interdire tout signe religieux ostentatoire dans les universités. Lors de sa présentation, il a dénoncé une « rupture totale avec la laïcité », affirmant que le voile serait un « marqueur instrumentalisé par des mouvances antirépublicaines ».
« Une étudiante voilée, c’est de l’entrisme islamiste », a-t-il déclaré, une assertion immédiatement contestée par les associations étudiantes et une partie du monde universitaire.
Son collègue Laurent Jacobelli a renchéri, accusant la direction de l’université de « tourner la tête » face à des comportements jugés « non conformes à l’esprit républicain ». Des accusations qui s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions entre le monde politique et les universités, souvent perçues comme des bastions de résistance face aux dérives sécuritaires et identitaires.
Un climat de défiance grandissant
Cette offensive s’inscrit dans une crise des vocations politiques et une montée des discours sécuritaires, alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre les pressions de l’extrême droite et les attentes d’une jeunesse de plus en plus mobilisée sur les questions sociales et identitaires. Les universités, souvent perçues comme des lieux de pluralisme, deviennent ainsi des terrains de bataille idéologique.
Du côté de la gauche, on dénonce une instrumentalisation politique, tandis que les associations étudiantes rappellent que la laïcité ne doit pas servir de prétexte à des discriminations. « La laïcité ne se décrète pas, elle se construit par le dialogue », rappelle un collectif d’universitaires.
Un débat qui dépasse les frontières
Cette polémique intervient alors que la France est sous le feu des critiques internationales, notamment de la part des organisations de défense des droits humains, qui pointent du doigt une montée des discours islamophobes. Dans ce contexte, l’Union européenne observe avec inquiétude les dérives d’un pays historiquement attaché aux valeurs républicaines.
Alors que la campagne pour les élections de 2027 s’annonce tendue, cette affaire pourrait bien alimenter les débats sur l’identité nationale et la place de la religion dans l’espace public.