Vidéosurveillance : la France sous haute tension avant les municipales 2026

Par BlackSwan 09/02/2026 à 06:09
Vidéosurveillance : la France sous haute tension avant les municipales 2026

Vidéosurveillance : la France sous haute tension avant les municipales 2026. Les communes multiplient les projets, entre enjeux sécuritaires et stratégie électorale.

Une course à la vidéosurveillance dans les communes françaises

À l’approche des élections municipales de 2026, la vidéosurveillance s’impose comme un enjeu majeur dans le débat politique local. Des petites communes comme Boitron (Orne), avec ses 349 habitants, aux grandes villes comme Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les projets se multiplient, souvent sous couvert de lutte contre les « incivilités ».

Un outil politique au service des sortants

L’équipe municipale de Boitron a annoncé, le 18 janvier, son intention d’installer des caméras près des conteneurs à déchets, une mesure justifiée par des « incivilités répétées ». À Saint-Nazaire, la liste « Unis pour Saint-Nazaire » propose de déployer 300 caméras, contre moins de 100 actuellement. À Dieppe (Seine-Maritime), le maire communiste Nicolas Langlois a fait adopter l’installation de plus de 80 caméras en décembre 2025.

Ces initiatives ne sont pas isolées. De la Nièvre à la Haute-Savoie, en passant par le Sud-Ouest, les projets fleurissent, souvent portés par des élus cherchant à afficher une image de fermeté face à l’insécurité.

Un marché en surchauffe, mais une question politique persistante

Patrick Haas, rédacteur en chef de En toute sécurité, souligne que « la plus grande part des investissements a déjà eu lieu depuis 2024 ». Selon lui, le marché pourrait connaître un « tassement » en 2026, en raison des commandes massives des deux dernières années. Pourtant, le secteur reste florissant, avec un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros en 2025, en hausse de 6 % par rapport à 2024.

« Aucune municipalité ne veut être prise en défaut sur le sujet », constate Patrick Haas, soulignant une course à l’équipement qui dépasse souvent les besoins réels.

La vidéosurveillance, un outil de campagne électorale ?

Pour les candidats sortants, l’installation ou le renouvellement des caméras devient un argument électoral. Une stratégie qui s’inscrit dans un contexte de crise de la sécurité en France, souvent instrumentalisée par l’extrême droite. Face à cette montée des discours sécuritaires, la gauche critique une approche répressive, au détriment de politiques sociales et préventives.

Certains observateurs y voient aussi une réponse aux attentes d’une population inquiète, alors que le gouvernement Lecornu II peine à rassurer sur les questions de sécurité. Dans ce contexte, la vidéosurveillance devient un marqueur politique, au risque de creuser les divisions entre les territoires.

Un débat qui dépasse les frontières locales

Alors que l’Europe s’interroge sur l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles, la France suit une tendance globale de renforcement des dispositifs de surveillance. Des pays comme la Norvège ou le Canada, souvent cités en exemple pour leur approche équilibrée, pourraient inspirer des alternatives moins intrusives.

En revanche, les modèles autoritaires, comme ceux de la Russie ou de la Chine, sont régulièrement dénoncés par les défenseurs des droits humains. La France, en pleine réflexion sur son modèle républicain, devra arbitrer entre efficacité sécuritaire et respect des libertés.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (12)

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Économiste curieux 2024

il y a 1 semaine

Moi ce qui m'étonne, c'est que personne ne parle du coût. Des milliards pour des caméras qui ne servent à rien...

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O

Orphée

il y a 1 semaine

La vraie question : qui va contrôler ces caméras ? Les mairies ou l'État ? Parce que là, c'est le flou.

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Abraracourcix

il y a 1 semaine

@orphee C'est ça, et après on s'étonne que les gens aient peur de la surveillance de masse...

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Douarnenez

il y a 1 semaine

En Allemagne, ils ont réduit la délinquance avec des caméras intelligentes. Nous, on fait du bricolage...

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Trégor

il y a 1 semaine

@douarnenez Exact, mais l'Allemagne a aussi un budget sécurité bien plus élevé. On ne peut pas comparer.

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Izarra

il y a 1 semaine

Les élus en mode 'on va tout filmer' mais personne pour analyser les images. Génial.

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Reporter citoyen

il y a 1 semaine

Dans ma ville, ils ont installé des caméras et ça a rien changé. Les voleurs sont passés à côté sans même regarder. mdr

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Yvon du 39

il y a 1 semaine

@reporter-citoyen C'est pas faux, mais c'est surtout une question de dissuasion. Si ça marche à 10%, c'est déjà ça.

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M

Megève

il y a 1 semaine

Les gens applaudissent, les caméras filment... et après ?

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veronique-de-saint-etienne

il y a 1 semaine

Encore un gadget sécuritaire pour faire croire qu'on agit. Pfff.

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P

Prologue48

il y a 1 semaine

@veronique-de-saint-etienne Exactement ! Mais avoue que ça rassure un peu quand même...

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C

Corte

il y a 1 semaine

La France, championne du monde de la surveillance... et des promesses électorales.

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