Un engagement sous conditions
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé vendredi 30 janvier son intention de rendre obligatoire l'approvisionnement des cantines publiques en produits strictement européens. Une mesure saluée par certains, mais jugée insuffisante par les Jeunes Agriculteurs, qui pointent les lacunes structurelles de la souveraineté alimentaire française.
Des limites évidentes
Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, tempère l'enthousiasme :
"On ne va pas pouvoir manger du 100% européen sans avoir réglé en amont la question de la souveraineté alimentaire."Le syndicaliste souligne que la France reste importatrice nette pour des produits de base comme les œufs, le poulet ou les fruits.
Un problème de circuit
Si les collectivités locales et les établissements scolaires font des efforts notables, les grands services publics (hôpitaux, universités, armée) peinent à s'approvisionner localement. "On voit encore trop de plats préparés contenant des poulets du Mercosur ou des œufs ukrainiens", déplore Le Guillous. Une situation qui reflète les contradictions d'une politique agricole fragmentée.
Un symbole politique plus qu'une solution
Pour la gauche, cette annonce s'apparente à une manœuvre électorale visant à apaiser la colère des agriculteurs, alors que le gouvernement peine à répondre aux crises agricoles récurrentes. Les écarts entre les discours et les réalités du terrain alimentent un sentiment de défiance chez les professionnels.
L'Europe comme rempart ?
Alors que la France s'engage à renforcer ses liens avec l'UE, les critiques envers les importations hors Europe persistent. La dépendance aux produits sud-américains ou ukrainiens interroge sur la capacité réelle de l'Union à garantir une autonomie alimentaire face aux crises géopolitiques.
Un défi structurel
Au-delà des déclarations, c'est tout le modèle de la restauration collective qui est en jeu. Comment concilier qualité, prix et approvisionnement local ? Les solutions existent, mais leur déploiement à grande échelle se heurte à des résistances économiques et logistiques.