Un accord controversé sous pression politique
La suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été maintenue dans un projet de loi de simplification, malgré les critiques de la gauche et des écologistes. Un accord entre députés et sénateurs, scellé mardi 20 janvier, ouvre la voie à un vote final incertain, alors que le gouvernement Lecornu II tente de limiter les dégâts.
Un texte initial détourné par la droite
Conçu pour simplifier les procédures administratives et attirer les investissements industriels, le projet de loi a été instrumentalisé par Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN). Leur amendement, adopté en juin, vise à supprimer les ZFE, un dispositif clé de la transition écologique du premier quinquennat Macron.
La CMP valide la suppression malgré les compromis
Malgré une proposition de compromis du rapporteur macroniste Stéphane Travert, prévoyant des aménagements négociés avec les collectivités, la commission mixte paritaire (CMP) a entériné la suppression des ZFE. Le vote a rassemblé la droite, l'extrême droite et une partie de la majorité présidentielle (10 voix contre 4).
Un vote final sous haute tension
Les prochaines étapes, les 27 et 29 janvier, s'annoncent serrées. À l'Assemblée, le résultat de la première lecture (275 contre 252) laisse présager un scrutin incertain. Le groupe macroniste, divisé, examinera l'ensemble du texte, qui inclut des mesures comme la facilitation des implantations de data centers ou la sécurisation du projet d'autoroute A69, controversé.
La gauche dénonce un « texte fourre-tout »
Pour le député socialiste Gérard Leseul, la suppression des ZFE est inconstitutionnelle, car sans lien avec l'objet initial du texte. La députée LFI Anne Stambach-Terrenoir y voit une « attaque contre le droit environnemental », qualifiant le projet de « trumpiste ». À l'inverse, Marine Le Pen revendique une « victoire » pour les automobilistes.
Un recul écologique masqué par des mesures techniques
Le texte inclut aussi des assouplissements du « zéro artificialisation nette » (ZAN), permettant aux collectivités de dépasser de 20 % les limites d'aménagement. Ces mesures, présentées comme des simplifications, sont critiquées comme un recours en arrière face aux urgences climatiques.
Le gouvernement sous pression
Le premier ministre Sébastien Lecornu doit gérer les dissensions au sein de sa majorité, tandis que l'opposition de gauche mobilise contre un texte perçu comme un cavalier législatif. Les prochains jours détermineront si la France confirme son engagement écologique ou cède aux pressions des lobbies automobiles.