Un système d'assurance-chômage qui ne protège plus
Le débat public sur le monde du travail en France semble souvent décalé par rapport à la réalité. Prenons l'exemple de l'assurance-chômage, un sujet récurrent pour le gouvernement Lecornu II, alors que trois réformes ont déjà eu lieu en 2019, 2023 et 2025. Chaque fois, l'objectif affiché est le même : durer les droits et réduire les indemnités.
Pourtant, les chiffres de France Travail, actualisés le 11 février 2026, racontent une autre histoire. À la fin mars 2025, seuls 46 % des inscrits (catégories A, B ou C) percevaient une indemnité. Parmi eux, un sur deux touchait moins de 1 151 euros par mois, et trois sur quatre moins de 1 512 euros, alors que le SMIC s'élevait à 1 426 euros net.
Pourquoi ne discute-t-on jamais du confort que procure une allocation de 1 151 euros mensuels ?
Les « tensions de recrutement » : un leurre politique
Le gouvernement et une partie de la droite continuent d'évoquer les « offres non pourvues » comme un problème de motivation des chômeurs. Une rhétorique qui rappelle la fameuse phrase d'Emmanuel Macron en 2018 :
« Du travail ? Je traverse la rue, je vous en trouve. »
Pourtant, avec 3,3 millions de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, le problème est ailleurs. Les employeurs savent bien qu'il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver un candidat. Les véritables obstacles ? Des salaires insuffisants, des conditions de travail dégradées et un manque de formation adaptée.
La droite et l'extrême droite, en instrumentalisant ce sujet, détournent l'attention des vraies questions : la précarité croissante, la baisse du pouvoir d'achat et la destruction des services publics.
Une réforme qui aggrave les inégalités
Les réformes successives de l'assurance-chômage ont appauvri les demandeurs d'emploi tout en complexifiant les démarches. Résultat : de plus en plus de personnes tombent dans la précarité, tandis que les entreprises peinent à recruter faute de salaires attractifs.
Pourtant, le gouvernement continue d'avancer que le système est trop confortable. Une assertion démentie par les chiffres, mais qui sert une idéologie libérale visant à flexibiliser toujours plus le marché du travail.
Alors que la France traverse une crise sociale, il est temps de recentrer le débat sur les vraies solutions : hausser les salaires, renforcer les droits des travailleurs et investir dans la formation professionnelle.