1 151 euros par mois : le mensonge d'État sur le chômage et les « tensions de recrutement »

Par Mathieu Robin 26/02/2026 à 10:08
1 151 euros par mois : le mensonge d'État sur le chômage et les « tensions de recrutement »
Photo par ev sur Unsplash

1 151 euros par mois : le gouvernement cache la réalité du chômage et des « tensions de recrutement ». Décryptage d'un débat politique mensonger.

Un système d'assurance-chômage qui ne protège plus

Le débat public sur le monde du travail en France semble souvent décalé par rapport à la réalité. Prenons l'exemple de l'assurance-chômage, un sujet récurrent pour le gouvernement Lecornu II, alors que trois réformes ont déjà eu lieu en 2019, 2023 et 2025. Chaque fois, l'objectif affiché est le même : durer les droits et réduire les indemnités.

Pourtant, les chiffres de France Travail, actualisés le 11 février 2026, racontent une autre histoire. À la fin mars 2025, seuls 46 % des inscrits (catégories A, B ou C) percevaient une indemnité. Parmi eux, un sur deux touchait moins de 1 151 euros par mois, et trois sur quatre moins de 1 512 euros, alors que le SMIC s'élevait à 1 426 euros net.

Pourquoi ne discute-t-on jamais du confort que procure une allocation de 1 151 euros mensuels ?

Les « tensions de recrutement » : un leurre politique

Le gouvernement et une partie de la droite continuent d'évoquer les « offres non pourvues » comme un problème de motivation des chômeurs. Une rhétorique qui rappelle la fameuse phrase d'Emmanuel Macron en 2018 :

« Du travail ? Je traverse la rue, je vous en trouve. »

Pourtant, avec 3,3 millions de demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, le problème est ailleurs. Les employeurs savent bien qu'il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver un candidat. Les véritables obstacles ? Des salaires insuffisants, des conditions de travail dégradées et un manque de formation adaptée.

La droite et l'extrême droite, en instrumentalisant ce sujet, détournent l'attention des vraies questions : la précarité croissante, la baisse du pouvoir d'achat et la destruction des services publics.

Une réforme qui aggrave les inégalités

Les réformes successives de l'assurance-chômage ont appauvri les demandeurs d'emploi tout en complexifiant les démarches. Résultat : de plus en plus de personnes tombent dans la précarité, tandis que les entreprises peinent à recruter faute de salaires attractifs.

Pourtant, le gouvernement continue d'avancer que le système est trop confortable. Une assertion démentie par les chiffres, mais qui sert une idéologie libérale visant à flexibiliser toujours plus le marché du travail.

Alors que la France traverse une crise sociale, il est temps de recentrer le débat sur les vraies solutions : hausser les salaires, renforcer les droits des travailleurs et investir dans la formation professionnelle.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (9)

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Crépuscule

il y a 2 semaines

On nous parle de 'tensions de recrutement' alors que la moitié des CDI signés sont des CDD déguisés. Franchement, on vit dans un monde où les patrons veulent des esclaves, et l'État leur donne raison. La seule tension, c'est celle des nerfs des travailleurs.

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A

Achille

il y a 2 semaines

1 151€/mois, c'est le prix d'un repas au Fouquet's pour Macron. Coïncidence ?

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H

Hermès

il y a 2 semaines

Le gouvernement joue sur les mots. 'Tensions de recrutement' = 'on ne veut pas payer plus'. La preuve, les secteurs qui recrutent le plus (restauration, nettoyage) sont ceux où les salaires stagnent depuis 20 ans. La stratégie est simple : faire croire que le problème vient des chômeurs, pas des employeurs.

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A

Apollon 6

il y a 2 semaines

Mais le pire, c'est que les politiques savent très bien que c'est faux. Ils nous prennent pour des abrutis. Et le plus triste, c'est que ça marche. Les gens votent encore pour eux. Pourquoi ?

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P

Patrick du 67

il y a 2 semaines

@apollon-6 Parce que les gens ont peur de perdre encore plus. Et vous trouvez ça normal ?

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B

Borrégo

il y a 2 semaines

1 151€/mois, c'est le prix d'un loyer à Paris. Et après, on s'étonne que les gens galèrent.

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Enora du 69

il y a 2 semaines

En Allemagne, le salaire minimum est à 1 700€ net. Chez nous, on nous parle de 'tensions de recrutement' alors qu'on paie les gens en dessous du seuil de pauvreté. Franchement, c'est une honte. Et en plus, les entreprises crient à la pénurie de main-d'œuvre... alors qu'elles refusent d'augmenter les salaires.

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Eguisheim

il y a 2 semaines

@enora-du-69 Exactement ! Et en plus, les stats du gouvernement, c'est du pipeau. Ils comptent les chômeurs en formation comme des actifs. Moi, j'ai été en formation pendant 6 mois, j'étais toujours au RSA. Alors 'tensions de recrutement', mon cul !

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G

germinal

il y a 2 semaines

1 151€/mois, c'est le salaire médian en France... mais en mode 'tensions de recrutement'. Comme d'hab, on nous vend du rêve en cachette. Moi à l'époque, j'avais 1 200€ net en 2008, et c'était déjà la misère. Bref, rien ne change.

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