La course à l'Élysée s'emballe dès 2026
Alors que le quinquennat d'Emmanuel Macron touche à sa fin, deux figures emblématiques du macronisme se positionnent déjà pour la présidentielle de 2027. Gabriel Attal et Édouard Philippe, anciens Premiers ministres, ont lancé leurs offensives respectives, marquant le début d'une guerre ouverte au sein du camp présidentiel.
Attal mise sur l'innovation et le renouvellement
Mardi 27 janvier, Gabriel Attal a organisé une « nuit de la Nouvelle République » à Paris, un événement inédit mêlant débats avec des personnalités de la société civile et des chefs d'entreprise. L'objectif ? Dépoussiérer les codes traditionnels des meetings politiques et montrer sa capacité à rassembler au-delà des clivages partisans.
L'événement, animé par une intelligence artificielle, a suscité des critiques, notamment du quotidien La Nouvelle République, qui a dénoncé un plagiat embarrassant de son nom. « Le parti du président de la République changera bientôt de nom. Problème, il opterait pour le nom d'un groupe de presse historique : le nôtre », a réagi le journal.
Cette stratégie d'Attal, bien que risquée, s'inscrit dans une volonté de moderniser l'image du macronisme, souvent perçu comme technocratique et déconnecté des réalités sociales.
Philippe joue la carte de l'ancrage local
De son côté, Édouard Philippe a choisi de se lancer dans la campagne des municipales au Havre, une ville qu'il dirige depuis 2017. Se faire réélire maire avant de viser l'Élysée : une tactique classique pour renforcer son ancrage territorial et crédibiliser sa candidature.
Cette approche contraste avec celle d'Attal, plus axée sur le symbole et l'innovation. Philippe mise sur sa légitimité locale et son expérience gouvernementale pour séduire un électorat en quête de stabilité.
Un duel qui pourrait diviser la majorité
Les deux hommes savent qu'une candidature trop précoce pourrait affaiblir leurs chances face à la droite et à l'extrême droite. Deux candidatures concurrentes en 2027 signifieraient un échec certain, selon des sources proches du pouvoir.
D'autres figures du macronisme, comme Gérald Darmanin et Aurore Bergé, plaident pour une primaire interne afin d'éviter une fragmentation. « Je préfère une décantation par les sondages, sélection naturelle », ironise un conseiller.
Pourtant, certains estiment qu'un vote utile pourrait favoriser celui qui apparaît comme le plus capable de battre Marine Le Pen ou Jordan Bardella. « Il y aura une prime à celui qui donnera le plus de garanties de gagner », assure un proche du président.
Un enjeu crucial pour l'avenir du macronisme
Cette bataille interne reflète les tensions au sein d'une majorité qui peine à se renouveler. La crise des vocations politiques et le désenchantement citoyen pèsent lourdement sur les ambitions présidentielles.
Alors que la France fait face à des défis majeurs – crise agricole, tensions sociales, enjeux européens –, le macronisme doit trouver un équilibre entre modernité et ancrage, entre rupture et continuité.
La question qui se pose désormais : qui incarnera le mieux l'héritage d'Emmanuel Macron ? La réponse pourrait bien se jouer dans les mois à venir.