Une droite divisée, un centre en perdition
À quinze mois de l’élection présidentielle, le paysage politique français semble plus fragmenté que jamais. Entre les divisions internes à la majorité présidentielle et les rivalités au sein de la droite, l’union sacrée tant espérée pour contrer les extrêmes s’éloigne chaque jour un peu plus.
Les Républicains en ordre dispersé
La candidature de Bruno Retailleau, officialisée le 12 février, a cristallisé les tensions au sein de la droite. Alors que le président des Républicains (LR) tente de rassembler une droite « décomplexée », Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, se positionne en outsider, critiquant ouvertement la ligne droitière de son rival. Cette guerre des ego pourrait coûter cher à un camp déjà affaibli par les divisions.
Le camp macroniste en désordre
Du côté de la majorité présidentielle, la situation n’est guère plus rassurante. Edouard Philippe, maire du Havre, a déjà lancé sa campagne sous la bannière d’Horizons, tandis que Gabriel Attal, ministre de l’Éducation nationale, prépare son entrée en lice après les municipales. Même le garde des sceaux, Gérald Darmanin, laisse planer le doute sur ses intentions, alimentant les spéculations.
Un risque électoral majeur
Face à cette multiplication des candidatures, Gérald Darmanin a tiré la sonnette d’alarme :
« Si on est plusieurs candidats de la droite et du centre, nous ne serons pas au second tour, et donc nous laisserons nos électeurs choisir entre deux extrêmes. »Une mise en garde partagée par de nombreux élus, qui craignent de voir le bloc central et la droite, coincés entre la gauche et l’extrême droite, se saborder mutuellement.
Un contexte politique explosif
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer les crises sociales et sécuritaires, l’opposition se structure. La gauche, unie autour de Jean-Luc Mélenchon, et l’extrême droite, portée par Marine Le Pen, profitent de ces divisions pour se positionner comme les seules alternatives crédibles. Dans ce contexte, Emmanuel Macron, affaibli par cinq ans de pouvoir, pourrait bien payer le prix de ces dissensions.
L’Europe en arrière-plan
Alors que la France peine à se réformer, l’Union européenne observe avec inquiétude. Les partenaires européens, notamment l’Allemagne et l’Italie, redoutent un retour des extrêmes, qui pourrait fragiliser l’équilibre institutionnel. Dans ce contexte, la question de l’union nationale prend une dimension nouvelle, alors que les enjeux internationaux – de la guerre en Ukraine à la montée des tensions avec la Chine – pèsent lourdement sur les épaules des candidats.