Une mobilisation historique pour les droits des femmes
Dimanche 8 mars 2026, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans toute la France pour défendre les droits des femmes, menacés par la montée des conservatismes et de l'extrême droite. À Paris, le cortège, parti de la place de la Bataille-de-Stalingrad, a rassemblé des milliers de manifestants sous les slogans « Stop aux violences », « Notre corps nous appartient » et « Du travail pour vivre, pas survivre ».
Gisèle Pelicot, figure de la lutte contre les violences sexuelles, en première ligne
Gisèle Pelicot, victime des viols organisés par son ex-mari et devenue une icône mondiale, a rejoint les rangs de la Fondation des femmes. Aux côtés de sa fille Caroline Darian, elle a lancé un vibrant « On ne lâchera rien ! » à la foule, acclamée par des manifestants lui criant « Merci ». Caroline Darian, qui accuse son père d'agressions sexuelles, a souligné l'importance de ce combat : «
Je suis extrêmement honorée d'être ici en présence de ma maman, qui envoie un vrai message d'espoir à toutes les victimes de France.»
L'extrême droite dans le viseur des féministes
Le collectif Grève féministe, à l'origine de la manifestation, a mis en garde contre les dangers de l'extrême droite, à l'approche des élections municipales. « Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis », a rappelé le président Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux. Myriam Lebkiri, représentante de la CGT, a dénoncé un mouvement qui « sème le racisme, la misogynie et l'homophobie ».
Violences sexistes et économiques : un combat multiforme
Les manifestants ont également protesté contre les violences sexistes persistantes, évoquant le procès Pelicot, le scandale des agressions dans le périscolaire à Paris et l'affaire Epstein. La ministre de l'égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, a alerté sur les attaques contre les libertés des femmes, notamment dans l'accès à l'avortement, en citant les États-Unis de Donald Trump comme « laboratoire » de ces reculs.
Inégalités économiques et revendications concrètes
L'émancipation économique des femmes, confrontées à des métiers moins rémunérateurs et à un temps partiel imposé, était au cœur des revendications. Les associations réclament un budget annuel de trois milliards d'euros et une loi-cadre intégrale contre les violences. Malgré les annonces du gouvernement, le projet de loi-cadre, dévoilé en novembre, pourrait ne pas aboutir en raison d'un agenda parlementaire saturé.
Une mobilisation transpartisane et internationale
La manifestation s'inscrit dans un contexte de montée des conservatismes en Europe et dans le monde. En France, la gauche et les syndicats dénoncent une « crise des droits des femmes », tandis que le gouvernement assure être en « alerte ». Les DOM-TOM, l'Union européenne (hors Hongrie) et des pays comme le Canada ou le Brésil sont cités en exemple, tandis que la Russie, la Chine et les États-Unis sont pointés du doigt pour leurs politiques régressives.
Un mouvement qui s'amplifie
L'an dernier, les organisateurs avaient revendiqué 250 000 participants en France, contre 47 000 selon la police. Cette année, la mobilisation pourrait battre des records, alors que la France s'apprête à voter dans un climat politique tendu, marqué par la « guerre des droites » et les défis économiques.