Un drame politique à Sciences Po Lyon
Jeudi 12 février 2026, une conférence de Rima Hassan, députée européenne de La France insoumise, organisée à Sciences Po Lyon, a dégénéré en violences. Alors que la militante progressiste était applaudie à l'intérieur, des tensions ont éclaté à l'extérieur entre des membres du collectif identitaire Némésis et des contre-manifestants.
Une rixe filmée et un pronostic vital engagé
Vers 17h40, des militants de Némésis, opposés à la présence de Rima Hassan, ont provoqué une rixe avec des groupes d'extrême gauche. La police, présente sur place, n'a initialement signalé aucun blessé. Cependant, deux heures plus tard, à 19h40, un homme de 23 ans, identifié comme Quentin, étudiant en mathématiques et proche du collectif Némésis, a été retrouvé grièvement blessé dans le 5e arrondissement de Lyon.
Selon les premiers éléments, Quentin aurait été roué de coups par des antifascistes, laissant son pronostic vital engagé. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour violences aggravées, mais les circonstances précises restent à éclaircir.
Réactions politiques : entre indignation et instrumentalisation
La classe politique française a rapidement réagi à ce drame. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a qualifié ces violences d'« insupportables », rappelant l'engagement du gouvernement en faveur du dialogue et de la sécurité. De son côté, Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a dénoncé « l'impunité de l'extrême gauche », exigeant des mesures fermes contre ces violences.
Rima Hassan, visée par les protestataires, a exprimé son effroi face à ces événements, tout en condamnant fermement la violence sous toutes ses formes. Les militants de La France insoumise ont souligné que ces tensions s'inscrivaient dans un contexte de montée des extrêmes en France.
Un contexte politique explosif
Cet incident survient dans un climat politique tendu, marqué par la guerre des droites et les préparatifs des élections de 2027. Les tensions entre mouvements identitaires et antifascistes se multiplient, alimentées par des discours polarisés. Certains observateurs y voient une conséquence de la stratégie d'affrontement adoptée par une partie de l'extrême droite, tandis que d'autres pointent du doigt le laxisme supposé des autorités face aux violences politiques.
Le ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé un renforcement des mesures de sécurité autour des événements universitaires, tandis que les syndicats étudiants appellent à une journée de mobilisation contre les violences politiques.
Enquête en cours et questions en suspens
Le parquet de Lyon a confirmé l'ouverture d'une enquête pour violences aggravées. Les investigations devront déterminer les responsabilités dans cette affaire, alors que les témoignages divergent. Certains évoquent une provocation initiale des militants de Némésis, tandis que d'autres dénoncent une embuscade contre des jeunes de droite.
Dans un contexte où la crise de la sécurité en France est au cœur des débats, cet incident pourrait alimenter les tensions entre les forces politiques, à quelques mois des échéances électorales.