Un vote contesté qui divise la représentation nationale
Mercredi 7 janvier 2026, le Sénat a définitivement enterré l'espoir d'une titularisation des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Une décision saluée par la droite sénatoriale et le gouvernement, mais vivement critiquée par l'opposition de gauche, les syndicats et les collectifs d'AESH.
Une proposition de loi portée par la gauche
La proposition de loi, coécrite par Marie-Pierre Monier, sénatrice socialiste de la Drôme, et Colombe Brossel, sénatrice de Paris, visait à offrir aux 145 000 AESH un statut de fonctionnaires de catégorie B. Un texte qui répondait à une demande historique des syndicats et des professionnels du secteur, renforcée par une journée d'action nationale le 16 décembre 2025.
Un rejet qui interroge sur l'école inclusive
Les AESH, à 94 % des femmes, accompagnent plus de 355 000 élèves en situation de handicap, du primaire au secondaire. Leur travail, essentiel, repose pourtant sur des contrats précaires, sans garantie de formation ni de rémunération à temps plein. « La droite sénatoriale et le gouvernement n'auront pas souhaité que les AESH soient titularisés. Mais demain matin, nous devrons dans nos territoires assumer ce vote. », a déclaré Colombe Brossel après le rejet du texte.
Un gouvernement sous pression
Le gouvernement Lecornu II, déjà fragilisé par les crises sociales et les tensions internes, voit ce vote comme une nouvelle preuve de son désengagement envers les personnels de l'Éducation nationale. « Cette décision est un recul pour l'école inclusive et une preuve de mépris envers des professionnels qui font vivre la République au quotidien. », a réagi un porte-parole de la Fédération des syndicats de l'Éducation nationale.
La droite sénatoriale en position de force
Du côté de la majorité sénatoriale, on se félicite d'avoir bloqué ce texte, jugé trop coûteux dans un contexte de crise des finances publiques. « Il faut des réformes, pas des dépenses inconsidérées. », a déclaré un sénateur LR, sans préciser comment le gouvernement comptait compenser le manque de moyens dans les établissements.
Une bataille qui n'est pas terminée
Les syndicats et les collectifs d'AESH ont déjà annoncé de nouvelles actions pour faire pression sur le gouvernement. « Ce vote est une insulte à notre engagement. Nous ne lâcherons rien. », a déclaré un représentant du collectif « AESH en colère ». Une mobilisation qui pourrait s'inscrire dans un mouvement plus large contre les politiques d'austérité du gouvernement.