Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : un choix contesté qui interroge l'indépendance des institutions

Par Aporie 11/02/2026 à 14:23
Amélie de Montchalin à la Cour des comptes : un choix contesté qui interroge l'indépendance des institutions

Amélie de Montchalin nommée à la Cour des comptes : l'opposition dénonce un conflit d'intérêts et une remise en cause de l'indépendance des institutions.

Une nomination qui divise

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes à partir du 23 février prochain suscite une vive polémique. Première femme à occuper ce poste, l'actuelle ministre des Comptes publics devra statuer sur des sujets sensibles, notamment le déficit public et les choix budgétaires du gouvernement dont elle a fait partie.

Un conflit d'intérêts assumé

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, assure que cette nomination ne pose aucun conflit d'intérêts, arguant que la structure collégiale de la Cour des comptes garantit son indépendance. Elle rappelle que la pratique n'est pas nouvelle, citant l'exemple de Pierre Joxe, nommé en 1993 par François Mitterrand alors qu'il était ministre.

Les critiques de l'opposition

Pourtant, les réactions de l'opposition sont virulentes. Éric Coquerel, président insoumis de la Commission des finances, s'interroge :

"Comment la ministre actuelle pourrait-elle donner un avis crédible sur le prochain budget qu'elle a elle-même préparé ?"

De son côté, Marine Le Pen dénonce une manque d'indépendance flagrant :

"Emmanuel Macron a ruiné les comptes publics et Amélie de Montchalin a une lourde responsabilité dans ce bilan désastreux."

Un tournant dans la tradition

Depuis 2007, les présidents de la Cour des comptes étaient systématiquement choisis dans l'opposition pour éviter tout soupçon de partialité. Cette nomination marque donc un retour en arrière, soulignant les tensions actuelles autour de l'indépendance des institutions.

Un symbole politique fort

Si cette nomination est présentée comme une avancée pour la parité, elle interroge aussi sur la politisation croissante des hautes fonctions publiques. Dans un contexte de crise des finances publiques, cette décision pourrait alimenter les critiques sur la gestion opaque de l'État.

Réactions internationales

Cette affaire, bien que nationale, n'échappe pas aux regards critiques de l'Union européenne, où la question de l'indépendance des institutions est souvent mise en avant. Certains observateurs y voient un signe de dérive autoritaire, tandis que d'autres y trouvent une simple logique de continuité politique.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (2)

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Alain27

il y a 1 semaine

Franchement, c'est un peu gros comme conflit d'intérêts non ? Elle était ministre il y a 2 ans et maintenant elle contrôle les comptes publics... Genre, on croit au Père Noël ou quoi ? J'ai vu des collègues de la Cour des comptes qui étaient pas contents du tout. Vous pensez quoi ?

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M

max-490

il y a 1 semaine

@alain27 Ah mais c'est toujours pareil, les hauts fonctionnaires se recyclent entre ministères et institutions. La question c'est : est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Les gens vont voter pour ou contre Macron en 2027, peu importe qui est à la Cour des comptes...

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