Amélie de Montchalin, une promotion controversée
Dans un contexte de crise des finances publiques et d'instabilité politique, Emmanuel Macron a choisi Amélie de Montchalin pour succéder à Pierre Moscovici à la présidence de la Cour des comptes. Une nomination qui s'inscrit dans une stratégie de renforcement des institutions face aux défis budgétaires, mais qui soulève des questions sur les liens entre pouvoir exécutif et contrôle des finances.
Une institution clé dans la tourmente
La Cour des comptes, gardienne des finances publiques, se retrouve au cœur des débats alors que la France peine à réduire son déficit. Avec un budget 2026 prévoyant un déficit à 5 % du PIB, bien au-delà des 3 % exigés par l'Union européenne, Amélie de Montchalin hérite d'un mandat délicat. « Ca doit être au plus tard en 2029 », a-t-elle récemment rappelé, soulignant l'urgence d'un redressement.
Un parcours politique marqué par les remaniements
Proche d'Emmanuel Macron depuis 2017, Amélie de Montchalin a enchaîné les postes ministériels : secrétaire d'État aux affaires européennes, ministre de la transformation publique, puis de la transition écologique. Sa défaite aux législatives de 2022 face au socialiste Jérôme Guedj l'avait éloignée du gouvernement, avant un retour en grâce en 2025, où elle a piloté les discussions budgétaires sous le gouvernement Lecornu.
Un choix politique assumé
Sa nomination, qui doit être officialisée mercredi en conseil des ministres, fait d'elle la première femme à diriger cette institution. Un symbole fort, mais aussi un signal politique alors que la majorité présidentielle cherche à consolider son influence face à une opposition fragmentée.
« Ce budget est utile pour les Français, car il permet de sortir du climat d'incertitude »,a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant son caractère « imparfait ».
Un défi budgétaire dans un contexte explosif
Alors que la guerre des droites s'intensifie et que la gauche tente de se reconstruire, la Cour des comptes pourrait devenir un enjeu majeur. Amélie de Montchalin devra concilier rigueur financière et pression politique, alors que les critiques sur l'endettement public s'amplifient. Son mandat, irrévocable jusqu'à 68 ans, pourrait être mis à rude épreuve par les tensions à venir.