Un débat qui dépasse le cadre institutionnel
La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public s'est transformée en arène politique, dénoncent plusieurs observateurs. Le président de la commission, le député centriste Jérémie Patrier-Leitus, a rappelé mercredi 4 février que cette instance ne devait pas devenir un tribunal à charge ou une succession de procès individuels.
Des dérives pointées du doigt
Patrier-Leitus a critiqué le comportement de certains de ses collègues, qu'il accuse de chercher le buzz ou de transformer leurs interventions en vidéos TikTok.
"On a aujourd'hui un dévoiement de notre Assemblée nationale",a-t-il déclaré, évoquant des députés qui viennent chercher un quart d'heure de gloire médiatique plutôt que de participer à un débat constructif.
Un conflit de méthodes entre la majorité et l'opposition
Le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR), a été rappelé à l'ordre mi-décembre par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Cette dernière avait regretté que certaines commissions d'enquête soient dévoyées ou utilisées à des fins politiques.
Patrier-Leitus, qui se dit absolument contre la privatisation de l'audiovisuel public, a souligné que la commission devait rester un lieu de débat sérieux. Il a rappelé que l'indépendance des médias publics était garantie par la Constitution et qu'elle constituait un pilier de la démocratie française.
Des tensions politiques exacerbées
Charles Alloncle, dans un entretien à JDNews, avait évoqué une possible reprise du pouvoir dans l'audiovisuel public en 2027, sous-entendant que le Rassemblement national et l'UDR pourraient imposer leurs vues. Une déclaration qui a suscité des réactions vives, notamment de la part de la majorité présidentielle.
Patrier-Leitus a réagi en affirmant que personne ne reprendrait le pouvoir dans l'audiovisuel public. Il a rappelé que France Télévisions et Radio France étaient des médias indépendants, garants du pluralisme et de la qualité de l'information.
Un enjeu stratégique pour 2027
Cette commission s'inscrit dans un contexte politique tendu, à moins d'un an des élections législatives. La droite et l'extrême droite multiplient les attaques contre l'audiovisuel public, accusé de partialité. Une stratégie qui s'inscrit dans une guerre des droites pour séduire l'électorat conservateur.
Du côté de la majorité, on insiste sur la nécessité de renforcer l'audiovisuel public, notamment face à la concurrence des plateformes étrangères. Une proposition de loi visant à créer une holding regroupant France Télévisions, Radio France et l'Ina est actuellement en discussion.