Un hémicycle sous tension après le drame de Lyon
L'Assemblée nationale a connu mardi 17 février une séance particulièrement tendue, marquée par la mort violente de Quentin Deranque, militant identitaire tué lors d'une manifestation à Lyon. Les échanges ont rapidement tourné à l'affrontement politique, avec des accusations ciblées contre La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon.
Une minute de silence sous haute tension
La séance s'est ouverte par une minute de silence en hommage à la victime, une initiative saluée par tous les groupes parlementaires. Mais très vite, les tensions ont resurgi, avec des accusations frontales contre la gauche radicale. Laurent Wauquiez, président du groupe Droite républicaine, a ouvert les hostilités en pointant du doigt les bancs insoumis :
"Cette violence ne vient pas de nulle part. Aujourd'hui, l'extrême gauche a du sang sur les mains."
Une déclaration qui n'a suscité que peu de réactions dans l'hémicycle, certains députés insoumis préférant rester stoïques face aux provocations.
Lecornu et Darmanin en première ligne
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ensuite pris la parole pour dénoncer une "rhétorique de la confrontation" qu'il estime responsable de la montée des violences. "On ne peut avoir la rhétorique de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe parfois dans cet hémicycle peut infuser dans l'ensemble de la société", a-t-il lancé, sans jamais nommer explicitement LFI.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a quant à lui ciblé directement le mouvement de Mélenchon, évoquant des "fatwas numériques" et accusant LFI de ne pas condamner suffisamment les violences de la Jeune Garde antifasciste. "La Jeune Garde tue et La France insoumise devrait le condamner", a-t-il déclaré sous les applaudissements des bancs de droite.
La réponse mesurée de LFI
Face à ces attaques, les députés insoumis ont choisi une stratégie de retenue, évitant les réactions bruyantes qui leur sont habituelles. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, a toutefois répondu avec fermeté :
"Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser. Leurs manœuvres sont indignes."
Elle a également rappelé les douze victimes de l'extrême droite depuis 2022, une comparaison qui a provoqué la colère du Premier ministre :
"On n'oppose pas un mort à un autre mort, un assassinat à un autre assassinat."
Une sortie qui a poussé Mathilde Panot à quitter l'hémicycle, sous les huées des opposants.
Un climat politique délétère
Cette séance a révélé une fois de plus les fractures profondes de l'Assemblée nationale, où les tensions politiques semblent s'exacerber au rythme des drames. Les insoumis, habituellement prompts à la riposte, ont cette fois choisi la prudence, conscients que toute réaction pourrait être instrumentalisée. "Nous dénonçons la récupération politique faite de l'affaire", a confié un député proche de Jean-Luc Mélenchon.
Reste que l'absence remarquée du député Raphaël Arnault, accusé d'avoir été présent lors des violences, pourrait bien relancer les polémiques dans les jours à venir.