Bardella en première ligne : un soutien ambigu à Le Pen avant le procès qui pourrait exclure l'extrême droite du pouvoir

Par Apophénie 12/01/2026 à 18:16
Bardella en première ligne : un soutien ambigu à Le Pen avant le procès qui pourrait exclure l'extrême droite du pouvoir

Jordan Bardella affirme son soutien à Marine Le Pen avant le procès crucial qui pourrait l'écarter de la présidentielle 2027. Stratégie ou rivalité interne ?

Un soutien « total » mais des ambitions distinctes

À la veille de l’ouverture du procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella a réaffirmé, lundi 12 janvier, son « soutien total » à Marine Le Pen. Une déclaration qui intervient alors que la présidente du RN risque une nouvelle condamnation à cinq ans d’inéligibilité, un verdict qui pourrait l’écarter définitivement de la course à l’Élysée en 2027.

Une démocratie « menacée » par la justice ?

Pour le président du RN, une telle décision serait « profondément inquiétante pour la démocratie ». « La justice priverait les Français d’une candidate déjà qualifiée deux fois pour le second tour et aujourd’hui favorite incontestée », a-t-il déclaré devant la presse, en présence de Marine Le Pen elle-même. Une argumentation qui soulève des questions sur la légitimité d’un système judiciaire perçu comme un obstacle aux ambitions politiques de l’extrême droite.

« La démocratie suppose le libre choix du peuple, sans entrave ni acte de déloyauté. »

Bardella a toutefois nuancé son discours en affirmant que « faire de la politique ne place pas au-dessus des lois, mais pas non plus en dessous ». Une tentative de concilier soutien inconditionnel et respect formel des institutions, alors que le RN tente de se présenter comme un parti respectable malgré ses antécédents judiciaires.

Stratégie électorale : Bardella en embuscade

Si Bardella se dit « pas candidat à la présidentielle », il réaffirme son ambition de devenir Premier ministre. Une distinction qui pourrait masquer une rivalité larvée au sein du parti. Une enquête récente montre que les sympathisants du RN le voient comme le meilleur atout pour 2027, une donnée qui pourrait expliquer son refus d’assister au procès, préférant suivre les débats « à distance » tout en restant en contact permanent avec Le Pen.

Cette posture ambiguë interroge sur la cohésion du RN, alors que le parti se prépare à une possible exclusion de son leader historique. Dans un contexte où la gauche et les partis modérés dénoncent les dérives autoritaires de l’extrême droite, ce procès pourrait marquer un tournant dans la « guerre des droites ».

Un procès qui dépasse le cadre judiciaire

Au-delà des enjeux personnels, ce procès en appel symbolise un affrontement plus large entre le RN et les institutions républicaines. Pour les observateurs, une condamnation de Le Pen renforcerait l’image d’un parti persécuté, alimentant son discours victimaire. À l’inverse, un acquittement pourrait légitimer sa candidature et relancer sa dynamique électorale.

Dans un contexte marqué par la crise agricole, les tensions internationales et la montée des inégalités, cette affaire rappelle que le RN mise toujours sur la polarisation pour mobiliser son électorat. Reste à savoir si cette stratégie suffira à compenser l’absence de son leader historique en 2027.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (9)

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J

Jean-Marc C.

il y a 1 heure

Moi j'attends le jour où ils vont se tirer dans les pattes en direct à la télé. Ça, ce sera du spectacle !

0
E

Elizondo

il y a 2 heures

Ah oui, et en plus il y a le petit détail des financements européens... Si Le Pen est exclue, le RN perd des millions. Bardella le sait très bien.

0
R

Robert T.

il y a 2 heures

Ce qui est intéressant, c'est que cette situation rappelle le cas Berlusconi en Italie. Quand un leader est fragilisé, tout le parti tremble. Bardella joue sa crédibilité.

0
B

Borrégo

il y a 3 heures

Et si Bardella se faisait virer à la place ? Personne en parle...

0
R

Renard Roux

il y a 4 heures

Bardella en mode 'je suis fidèle mais pas trop'. Pathétique.

0
L

Le Dubitatif 2022

il y a 5 heures

Mouais... Bardella fait son mea culpa façon 'je t'aime mais je te quitte'. Bref, la politique en mode soap opera.

2
I

Ironiste patenté 2022

il y a 5 heures

Nooooon Bardella il joue à quoi ??? Il soutient Marine mais il veut pas qu'elle se fasse virer ??? C'est du grand n'importe quoi !!!

3
K

Kaysersberg

il y a 4 heures

@ironiste-patente-2022 C'est pas si simple... Bardella a besoin de Le Pen pour rester crédible, mais il veut pas payer les pots cassés. Et toi, tu penses qu'il devrait la lâcher ?

0
P

Prologue48

il y a 3 heures

@kaysersberg Franchement, Bardella a intérêt à choisir son camp. Si Le Pen est hors jeu, il sera quoi, lui ? Un leader sans leader ?

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