Un soutien « total » mais des ambitions distinctes
À la veille de l’ouverture du procès en appel de l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella a réaffirmé, lundi 12 janvier, son « soutien total » à Marine Le Pen. Une déclaration qui intervient alors que la présidente du RN risque une nouvelle condamnation à cinq ans d’inéligibilité, un verdict qui pourrait l’écarter définitivement de la course à l’Élysée en 2027.
Une démocratie « menacée » par la justice ?
Pour le président du RN, une telle décision serait « profondément inquiétante pour la démocratie ». « La justice priverait les Français d’une candidate déjà qualifiée deux fois pour le second tour et aujourd’hui favorite incontestée », a-t-il déclaré devant la presse, en présence de Marine Le Pen elle-même. Une argumentation qui soulève des questions sur la légitimité d’un système judiciaire perçu comme un obstacle aux ambitions politiques de l’extrême droite.
« La démocratie suppose le libre choix du peuple, sans entrave ni acte de déloyauté. »
Bardella a toutefois nuancé son discours en affirmant que « faire de la politique ne place pas au-dessus des lois, mais pas non plus en dessous ». Une tentative de concilier soutien inconditionnel et respect formel des institutions, alors que le RN tente de se présenter comme un parti respectable malgré ses antécédents judiciaires.
Stratégie électorale : Bardella en embuscade
Si Bardella se dit « pas candidat à la présidentielle », il réaffirme son ambition de devenir Premier ministre. Une distinction qui pourrait masquer une rivalité larvée au sein du parti. Une enquête récente montre que les sympathisants du RN le voient comme le meilleur atout pour 2027, une donnée qui pourrait expliquer son refus d’assister au procès, préférant suivre les débats « à distance » tout en restant en contact permanent avec Le Pen.
Cette posture ambiguë interroge sur la cohésion du RN, alors que le parti se prépare à une possible exclusion de son leader historique. Dans un contexte où la gauche et les partis modérés dénoncent les dérives autoritaires de l’extrême droite, ce procès pourrait marquer un tournant dans la « guerre des droites ».
Un procès qui dépasse le cadre judiciaire
Au-delà des enjeux personnels, ce procès en appel symbolise un affrontement plus large entre le RN et les institutions républicaines. Pour les observateurs, une condamnation de Le Pen renforcerait l’image d’un parti persécuté, alimentant son discours victimaire. À l’inverse, un acquittement pourrait légitimer sa candidature et relancer sa dynamique électorale.
Dans un contexte marqué par la crise agricole, les tensions internationales et la montée des inégalités, cette affaire rappelle que le RN mise toujours sur la polarisation pour mobiliser son électorat. Reste à savoir si cette stratégie suffira à compenser l’absence de son leader historique en 2027.