Bardella et le RN en première ligne contre l'Ukraine : un vote qui divise l'Europe

Par Apophénie 11/02/2026 à 17:14
Bardella et le RN en première ligne contre l'Ukraine : un vote qui divise l'Europe

Jordan Bardella et le RN votent contre le prêt de 90 milliards à l'Ukraine, suscitant des critiques vives des partis pro-européens. Un vote qui relance le débat sur la stratégie française face à la Russie.

Un vote controversé au Parlement européen

Le président du Rassemblement national (RN) et chef de file des Patriotes au Parlement européen, Jordan Bardella, a voté contre le prêt de 90 milliards d'euros accordé à l'Ukraine par l'Union européenne. Cette décision, adoptée mercredi 11 février avec 458 voix pour, 140 contre et 44 abstentions, a immédiatement suscité des réactions vives de la part des autres groupes politiques.

Des critiques acerbes de la part des partis pro-européens

Les réactions ne se sont pas faites attendre. Raphaël Glucksmann, eurodéputé social-démocrate, a fustigé le vote du RN en des termes sans équivoque :

« Au Parlement européen, le Rassemblement national et Jordan Bardella votent contre le prêt européen à l'Ukraine. Sans ce prêt, c'est simple : l'Ukraine s'effondre. À nouveau, ils agissent en relais de Poutine et trahissent l'intérêt vital de l'Europe et de la France. »

De son côté, Pascal Canfin, centriste et membre du groupe Renew, a également pointé du doigt la position du RN :

« Voter Bardella, c'est voter Poutine ! Le RN le montre de nouveau en votant contre un nouveau paquet de soutien à l'Ukraine – 90 milliards d'euros, contre la liberté face à l'impérialisme russe. »

Un prêt historique pour l'Ukraine

Ce prêt, destiné à soutenir l'Ukraine face à l'aggression russe en 2026 et 2027, sera financé par un emprunt de l'UE sur les marchés financiers. Les intérêts, estimés à environ 3 milliards d'euros par an, seront pris en charge par le budget européen. Le mécanisme prévoit que l'Ukraine ne remboursera l'UE qu'une fois la Russie condamnée à verser des réparations de guerre.

Sur les 90 milliards d'euros, 60 milliards serviront à renforcer les capacités industrielles de défense ukrainiennes, tandis que les 30 milliards restants financeront les besoins budgétaires de Kiev, sous conditions de réformes. Les premiers versements pourraient intervenir dès avril.

Les arguments du RN : un rejet du « montage » européen

Interrogé par l'Agence France-Presse, Pierre-Romain Thionnet, eurodéputé RN et proche de Jordan Bardella, a défendu la position de son parti. Il a contesté l'idée d'un « lâchage » de l'Ukraine, tout en critiquant le « montage » du prêt, jugé trop favorable aux achats d'armes en dehors de l'Europe.

Le RN estime également que la période couverte par le prêt (2026-2027) est mal calibrée par rapport aux négociations en cours entre Kiev et Moscou. Pierre-Romain Thionnet a également mis en avant la situation budgétaire difficile de l'UE et de la France, soulignant que le remboursement hypothétique par la Russie des réparations de guerre ne constituait pas une garantie solide.

Un enjeu politique à un an de la présidentielle

À un an de l'élection présidentielle française, ce vote intervient dans un contexte de tensions accrues entre les partis. La position du RN, perçue par ses détracteurs comme une complicité avec le régime russe, pourrait alimenter les débats sur la scène politique nationale. Le gouvernement Lecornu II, bien que modéré sur le sujet, pourrait être contraint de clarifier sa position face à cette polémique.

L'Ukraine, un test pour l'unité européenne

Ce vote illustre les divisions persistantes au sein de l'Union européenne sur la question ukrainienne. Alors que la majorité des groupes politiques soutiennent massivement l'aide à Kiev, les réticences de certains pays, comme la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, montrent que l'unité européenne reste fragile. Pour l'Ukraine, ce prêt représente une bouffée d'oxygène, mais aussi un test de la solidarité européenne face à l'impérialisme russe.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (8)

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Ingénieur perplexe

il y a 1 semaine

Le RN parle de souveraineté, mais en réalité, ils jouent le jeu de Poutine. Si l'Ukraine tombe, la France sera la prochaine cible. C'est aussi simple que ça. @brehat, t'es d'accord ou pas ?

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Bréhat

il y a 1 semaine

@ingenieur-perplexe Mouais... Si on suit ta logique, on va finir par envoyer des soldats en Ukraine. Et après, on fera quoi ? On déclare la guerre à la Russie ? Franchement, ça craint.

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A

Augustin Bocage

il y a 1 semaine

Ce vote révèle une fracture profonde au sein de l'UE. Si la France et d'autres pays refusent de soutenir l'Ukraine, quelles seront les conséquences sur la sécurité européenne ? La Russie va-t-elle en profiter pour étendre son influence ?

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Le Chroniqueur

il y a 1 semaine

@augustin-bocage Exactement ! Et du coup, est-ce que l'UE va finir par se diviser en deux blocs ? Pro-Ukraine vs pro-Russie ? Parce que là, ça sent mauvais...

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ironiste-patente

il y a 1 semaine

90 milliards pour l'Ukraine ? Autant jeter l'argent par la fenêtre. La France a d'autres chats à fouetter.

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Mittelbergheim

il y a 1 semaine

@ironiste-patente Ah ouais, genre les retraites et les hôpitaux, c'est moins important ? T'es sérieux là ?

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Isabelle du 61

il y a 1 semaine

Pfff... Encore un débat qui va tourner en rond. Entre ceux qui veulent sauver l'Ukraine à tout prix et ceux qui préfèrent regarder ailleurs. Bref, la France va encore se faire des ennemis des deux côtés...

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Kaysersberg

il y a 1 semaine

Franchement, Bardella et le RN jouent un jeu dangereux. La France a-t-elle vraiment intérêt à isoler l'Ukraine ? Et si la Russie gagne, qui va payer les pots cassés ? @isabelle-du-61, t'en penses quoi ?

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