Une « bavure policière » aux États-Unis, mais un modèle à imiter ?
Alors que la tension persiste aux États-Unis après la mort d'Alex Pretti, abattu par des agents de l'ICE à Minneapolis, Guilhem Carayon, vice-président délégué de l'Union des droites pour la République (UDR), a défendu sur les ondes le principe d'une police de l'immigration similaire en France. Une position qui interroge, alors que les critiques contre l'ICE s'intensifient.
Un drame humain, mais une « exception » selon l'UDR
Pour Carayon, l'affaire Pretti relève d'une « bavure policière », un terme qu'il emploie sans détour. Pourtant, il minimise l'ampleur du problème : « Quand vous avez deux morts sur des centaines de milliers d'interpellations, cela reste une exception. » Une analyse qui contraste avec les appels à la réforme lancés par d'anciens présidents américains, Barack Obama et Bill Clinton, ou encore les accusations de « fascisme » portées contre l'ICE.
L'UDR plaide pour une politique migratoire plus ferme
Le responsable de l'UDR justifie sa position en évoquant la nécessité de « redéfinir la politique migratoire française ». Il cite en exemple une affaire récente à Nice, où un migrant sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) a violé une vieille dame de 90 ans. « Si nous avions un peu plus de cohérence, un peu plus de fermeté, on éviterait beaucoup de drames », affirme-t-il, sans mentionner les risques d'une police de l'immigration aux pouvoirs étendus.
Les États-Unis, une démocratie « libérale » selon l'UDR
Interrogé sur le caractère démocratique des États-Unis sous l'administration actuelle, Carayon répond sans ambages : « C'est une démocratie, oui, parce que le président américain a été élu par son peuple. » Une vision qui ignore les critiques croissantes sur l'érosion des libertés et la montée des violences policières. Pour lui, les États-Unis « nous invitent à redéfinir notre logique de puissance », en s'inspirant de leur approche « libérale » et autoritaire.
L'Europe face à la montée des extrêmes
Alors que les tensions migratoires s'intensifient, la France et l'Union européenne sont confrontées à un dilemme : renforcer les contrôles sans reproduire les dérives observées aux États-Unis. Des voix s'élèvent pour dénoncer les risques d'une police de l'immigration à la française, tandis que d'autres, comme Carayon, défendent une approche plus répressive. Un débat qui s'inscrit dans un contexte de montée des partis d'extrême droite en Europe.
La France à la croisée des chemins
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre fermeté et respect des droits fondamentaux, les propositions de l'UDR soulèvent des questions sur l'avenir de la politique migratoire française. Entre les appels à la rigueur et les craintes d'une dérive autoritaire, le débat reste ouvert. Une chose est sûre : la mort d'Alex Pretti relance le débat sur le rôle des forces de l'ordre dans la gestion des flux migratoires.