Un troisième mandat sous le signe de l'incertitude
Depuis son bureau de l'hôtel de ville de Pau, François Bayrou observe avec satisfaction les travaux de la place Royale, l'un des trois grands chantiers lancés par sa municipalité. À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, le maire sortant, âgé de 74 ans, tente de convaincre les électeurs béarnais de lui accorder un troisième mandat. « Nous avons changé le visage de Pau. Avant mon élection, la ville perdait 1 000 habitants par an. Sur les trois dernières années, nous en avons regagné 5 000 ! », affirme-t-il, alors que le gouvernement Lecornu II peine à enrayer la crise des finances publiques.
Un ancrage local face aux turbulences nationales
Attaché à son Béarn natal, Bayrou a officialisé sa candidature mi-janvier, après une hospitalisation pour une grippe sévère. Son engagement local contraste avec les ambitions nationales qu'il a dû mettre entre parenthèses, alors que la guerre des droites en France s'intensifie. Dans un contexte marqué par la montée de l'extrême droite et les divisions au sein de la majorité présidentielle, le centriste incarne une droite modérée en voie de disparition.
Un bilan local contesté
Si Bayrou met en avant les 5 000 habitants regagnés par Pau, des voix critiques soulignent les retards dans les chantiers et la crise de la démocratie locale, alimentée par la défiance envers les élus.
« La rénovation urbaine est nécessaire, mais elle ne doit pas masquer les inégalités persistantes »,estime un opposant local. Dans ce contexte, le maire sortant devra convaincre au-delà de son électorat traditionnel.
Un scrutin sous haute tension
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur les finances publiques, les élections municipales de 2026 s'annoncent comme un test pour les partis nationaux. À Pau, Bayrou mise sur son ancrage local pour résister à la vague populiste. Mais dans un pays où la crise des vocations politiques se fait sentir, son troisième mandat pourrait bien être le dernier.