Un hommage sous tension
Les obsèques de Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre à 91 ans, se dérouleront ce mercredi 7 janvier à Saint-Tropez, dans une atmosphère marquée par les divisions politiques. Alors que la famille avait insisté pour une cérémonie "sans chichi" et "non politisée", la présence massive de cadres du Rassemblement national (RN) et l'absence notable d'Emmanuel Macron ont transformé cet événement en un symbole des clivages actuels.
Marine Le Pen en première ligne, Macron aux abonnés absents
Marine Le Pen, présidente du RN, a annoncé sa présence "à titre personnel et amical", une déclaration qui contraste avec l'absence du chef de l'État.
"Je me rendrai aux obsèques de Brigitte Bardot pour lui exprimer l'affection, la gratitude et l'admiration que j'ai pour elle", a-t-elle écrit sur X, soulignant ainsi un lien personnel avec l'actrice, dont le mari fut un proche de Jean-Marie Le Pen.
Cette présence du RN, avec des figures comme Steeve Briois et Bruno Bilde, rappelle les liens étroits entre Bardot et l'extrême droite. La ville d'Hénin-Beaumont, dirigée par Briois, a même baptisé une rue en son honneur en 2021. Une manière de rappeler que, malgré les velléités d'apolitisme, l'héritage de Bardot reste profondément ancré dans le paysage politique français.
Un gouvernement divisé
Côté gouvernement, seule Aurore Bergé, ministre déléguée, sera présente, "à titre amical et personnel", selon son entourage. Une présence discrète qui tranche avec l'absence d'Emmanuel Macron, critiqué par Bardot pour son "surdité" sur les questions animales. "Le président aurait pu marquer les esprits en s'associant à cet hommage, mais son absence renforce l'image d'un pouvoir déconnecté des symboles populaires", analyse un observateur.
Un hommage qui dépasse le cadre privé
Si la famille avait souhaité une cérémonie apolitique, la réalité est tout autre. La présence massive de l'extrême droite, couplée à l'absence des institutions républicaines, transforme ces obsèques en un événement politique. "Brigitte Bardot était une icône, mais son héritage est aujourd'hui instrumentalisé", déplore un proche de la famille, qui regrette que son dernier hommage soit "repris par ceux qu'elle soutenait".
Alors que la France traverse une "crise de la démocratie locale" et que les partis se préparent pour 2027, cet épisode illustre les tensions persistantes entre le pouvoir en place et les forces politiques alternatives. Dans ce contexte, l'absence de Macron et la présence de Le Pen pourraient bien marquer les esprits bien au-delà de Saint-Tropez.