Marseille : Martine Vassal assume le slogan pétainiste « Travail, Famille, Patrie » en plein débat municipal

Par Apophénie 20/02/2026 à 08:23
Marseille : Martine Vassal assume le slogan pétainiste « Travail, Famille, Patrie » en plein débat municipal
Photo par Chelms Varthoumlien sur Unsplash

Martine Vassal assume le slogan pétainiste « Travail, Famille, Patrie » lors d'un débat municipal à Marseille, provoquant une polémique nationale.

Un débat municipal qui tourne au scandale politique

Jeudi 19 février 2026, le débat municipal à Marseille organisé par BFM-TV, en partenariat avec La Provence et Le Figaro, a pris un tournant inattendu. Les quatre principaux candidats – le maire sortant Benoît Payan (divers gauche), Martine Vassal (divers droite), Sébastien Delogu (LFI) et Franck Allisio (RN) – échangeaient depuis plus d’une heure sur des sujets nationaux lorsque la candidate de la droite et du centre a créé la polémique.

Une référence historique controversée

Interrogée sur un éventuel rapprochement avec le Rassemblement national au second tour, Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille Provence et du département des Bouches-du-Rhône, a affirmé que ses valeurs n’avaient « jamais changé » : « C’est le mérite, le travail, la famille, la patrie. »

Cette déclaration, immédiatement perçue comme une référence au slogan de Philippe Pétain sous le régime de Vichy, a suscité des réactions vives. Benoît Payan, le maire sortant, a interrompu la candidate : « Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire ? Travail, famille, patrie, c’est le slogan de M. Pétain, ça. »

Martine Vassal a assumé son propos avec fermeté : « Oui, bien sûr. Et c’est mon slogan et ce sont mes valeurs ! », avant d’ajouter, sous la pression de la journaliste Apolline de Malherbe : « Et humanité. »

Un débat qui dépasse les enjeux locaux

Le débat, initialement centré sur des questions marseillaises comme la lutte contre le narcotrafic ou les tensions entre groupes politiques, a dérivé vers des sujets nationaux. La mort de Quentin Deranque à Lyon, imputée à un groupuscule antifasciste lié à LFI, a également alimenté les échanges, révélant les fractures politiques persistantes en France.

Cette polémique intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les alliances et les clivages idéologiques s’exacerbent. Martine Vassal, soutenue par Renaissance, tente de se positionner comme une alternative à la fois à la gauche et à l’extrême droite, mais son choix de mots interroge sur les valeurs qu’elle défend.

Réactions politiques et enjeux nationaux

Du côté de la gauche, cette déclaration a été perçue comme un glissement dangereux vers des références historiques compromettantes. Sébastien Delogu (LFI) a dénoncé une « normalisation des idées d’extrême droite », tandis que le RN, bien que visé par les propos de Vassal, a gardé le silence, évitant de s’associer à cette polémique.

Cette affaire s’inscrit dans une dynamique plus large de guerre des droites en France, où les partis tentent de capter l’électorat modéré tout en évitant les alliances trop visibles avec l’extrême droite. Pour le gouvernement Lecornu II, cette polémique rappelle les tensions persistantes au sein de la majorité présidentielle, divisée entre modérés et conservateurs.

Un symbole qui dépasse Marseille

Au-delà des enjeux locaux, cette polémique interroge sur la place des symboles historiques dans le débat politique contemporain. Le slogan « Travail, Famille, Patrie », bien que réapproprié par différents courants, reste associé à une période sombre de l’histoire française. Son utilisation en 2026, dans un contexte de montée des populismes en Europe, soulève des questions sur la mémoire collective et la responsabilité des élus.

Alors que la campagne municipale entre dans sa phase finale, cette déclaration pourrait peser lourd dans les urnes, tant à Marseille que dans l’opinion nationale.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (6)

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FXR_569

il y a 5 heures

Ce qui est fascinant, c'est la banalisation progressive de ces références. En 1987, Le Pen avait déjà utilisé ce slogan, mais aujourd'hui, ça semble presque normalisé. La mémoire collective s'efface, et c'est ça le vrai danger.

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Poséidon

il y a 4 heures

@fxr-569 Comme d'hab, les gens zappent. En 2012, on criait au scandale pour un truc pareil, et là... pfff. Franchement, on s'en fout, du moment qu'ils nettoient les poubelles à Marseille.

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Geoffroy de Hyères

il y a 5 heures

Mouais... En même temps, on a bien vu avec le 'En même temps' que les slogans ça passe ou ça casse. Bref, on verra bien si ça lui rapporte des voix...

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Nausicaa

il y a 7 heures

Nooooon mais sérieux ??? Elle assume en plus ??? Mais c'est quoi ce délire ??? On est en 2024 ou en 1942 ??? ptdr

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Fragment

il y a 8 heures

Le slogan 'Travail, Famille, Patrie' a effectivement une charge historique lourde, mais il faut aussi noter que des partis comme le FN (devenu RN) l'ont réutilisé dans les années 80-90. La question est moins son origine que son usage politique actuel. En Allemagne, le débat sur les symboles nazis est bien plus strict...

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Malo du 40

il y a 6 heures

@fragment T'as raison sur l'histoire, mais là c'est clairement une provocation. Moi j'ai un pote qui a perdu sa famille sous Vichy, et genre... ça le fait pas du tout. Mais bon, si ça marche électoralement, ils vont continuer...

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