Un débat municipal qui tourne au scandale politique
Jeudi 19 février 2026, le débat municipal à Marseille organisé par BFM-TV, en partenariat avec La Provence et Le Figaro, a pris un tournant inattendu. Les quatre principaux candidats – le maire sortant Benoît Payan (divers gauche), Martine Vassal (divers droite), Sébastien Delogu (LFI) et Franck Allisio (RN) – échangeaient depuis plus d’une heure sur des sujets nationaux lorsque la candidate de la droite et du centre a créé la polémique.
Une référence historique controversée
Interrogée sur un éventuel rapprochement avec le Rassemblement national au second tour, Martine Vassal, présidente de la métropole Aix-Marseille Provence et du département des Bouches-du-Rhône, a affirmé que ses valeurs n’avaient « jamais changé » : « C’est le mérite, le travail, la famille, la patrie. »
Cette déclaration, immédiatement perçue comme une référence au slogan de Philippe Pétain sous le régime de Vichy, a suscité des réactions vives. Benoît Payan, le maire sortant, a interrompu la candidate : « Vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire ? Travail, famille, patrie, c’est le slogan de M. Pétain, ça. »
Martine Vassal a assumé son propos avec fermeté : « Oui, bien sûr. Et c’est mon slogan et ce sont mes valeurs ! », avant d’ajouter, sous la pression de la journaliste Apolline de Malherbe : « Et humanité. »
Un débat qui dépasse les enjeux locaux
Le débat, initialement centré sur des questions marseillaises comme la lutte contre le narcotrafic ou les tensions entre groupes politiques, a dérivé vers des sujets nationaux. La mort de Quentin Deranque à Lyon, imputée à un groupuscule antifasciste lié à LFI, a également alimenté les échanges, révélant les fractures politiques persistantes en France.
Cette polémique intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les alliances et les clivages idéologiques s’exacerbent. Martine Vassal, soutenue par Renaissance, tente de se positionner comme une alternative à la fois à la gauche et à l’extrême droite, mais son choix de mots interroge sur les valeurs qu’elle défend.
Réactions politiques et enjeux nationaux
Du côté de la gauche, cette déclaration a été perçue comme un glissement dangereux vers des références historiques compromettantes. Sébastien Delogu (LFI) a dénoncé une « normalisation des idées d’extrême droite », tandis que le RN, bien que visé par les propos de Vassal, a gardé le silence, évitant de s’associer à cette polémique.
Cette affaire s’inscrit dans une dynamique plus large de guerre des droites en France, où les partis tentent de capter l’électorat modéré tout en évitant les alliances trop visibles avec l’extrême droite. Pour le gouvernement Lecornu II, cette polémique rappelle les tensions persistantes au sein de la majorité présidentielle, divisée entre modérés et conservateurs.
Un symbole qui dépasse Marseille
Au-delà des enjeux locaux, cette polémique interroge sur la place des symboles historiques dans le débat politique contemporain. Le slogan « Travail, Famille, Patrie », bien que réapproprié par différents courants, reste associé à une période sombre de l’histoire française. Son utilisation en 2026, dans un contexte de montée des populismes en Europe, soulève des questions sur la mémoire collective et la responsabilité des élus.
Alors que la campagne municipale entre dans sa phase finale, cette déclaration pourrait peser lourd dans les urnes, tant à Marseille que dans l’opinion nationale.