Un budget sous tension : la gauche en première ligne face à l’exclusion du RN et de LFI
Alors que la France peine à sortir de l’impasse budgétaire, le gouvernement Lecornu II tente une ultime manœuvre pour dégager un compromis avant la fin du mois. Mardi 7 janvier, les représentants des groupes parlementaires – à l’exception notable du Rassemblement national et de La France insoumise – seront reçus à Bercy pour des discussions cruciales. Une exclusion qui en dit long sur la stratégie du pouvoir, alors que la gauche modérée et les écologistes pourraient jouer un rôle clé dans l’adoption du budget.
Une réunion sous haute surveillance
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et le ministre de l’Économie, Roland Lescure, ont convoqué les groupes parlementaires « en responsabilité » pour tenter de dénouer les blocages persistants. Une réunion de travail qui s’annonce tendue, alors que le gouvernement mise sur les forces progressistes pour éviter un nouveau recours à la loi spéciale, déjà utilisée en décembre dernier pour assurer la continuité de l’État.
« Nous devons sortir du fonctionnement en loi spéciale et doter rapidement le pays d’un budget, condition indispensable pour relancer l’action publique et sécuriser les investissements. »
C’est en ces termes que Bercy justifie cette nouvelle tentative de dialogue, alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a mis la pression sur les parlementaires pour aboutir avant la fin du mois. Une urgence qui s’explique par les enjeux économiques et sociaux d’un budget 2026 toujours en suspens.
Les sujets qui fâchent : fiscalité et dépenses publiques
Au cœur des discussions : des sujets sensibles comme le barème de l’impôt sur le revenu, la taxe sur les holdings, ou encore la surtaxe d’impôt sur les sociétés. Des mesures qui pourraient peser lourd dans l’équilibre des finances publiques, déjà fragilisées par les crises successives. À cela s’ajoutent des dossiers sociaux majeurs : la prime d’activité, les outre-mer, l’agriculture, ou encore le fonds vert, autant de thèmes où la gauche pourrait faire entendre sa voix.
L’exclusion du RN et de LFI : une stratégie politique ?
L’absence du Rassemblement national et de La France insoumise dans ces négociations interroge. Un choix délibéré pour éviter les blocages ? Ou une manière de marginaliser les forces politiques les plus critiques envers le pouvoir en place ? Toujours est-il que cette exclusion renforce l’idée d’un gouvernement qui privilégie le dialogue avec les forces modérées, au risque d’aggraver les tensions avec l’opposition.
Alors que la France fait face à une crise des finances publiques et à des défis économiques majeurs, cette réunion pourrait bien marquer un tournant dans la gestion du budget 2026. Reste à savoir si les groupes conviés parviendront à trouver un terrain d’entente, alors que l’urgence budgétaire se fait de plus en plus pressante.